Oracle tarde à tirer les bénéfices du rachat de Sun Microsystems
Oracle fait douter le marché de l’intérêt du rachat de Sun Microsystems réalisé l’an dernier. Le spécialiste des logiciels de gestion de base de données vient pourtant de publier hier soir un bénéfice hors éléments exceptionnels légèrement supérieur aux attentes sur son trimestre finissant le 31 mai, à 75 cents par action contre 71 cents attendus par le consensus Bloomberg. Son chiffre d’affaires global, en hausse de 13% à 10,8 milliards de dollars (7,6 milliards d’euros), est par ailleurs conforme aux attentes.
Mais ses ventes de matériel informatique, héritées de sa fusion avec Sun Microsystems, ont chuté de 6% à 1,16 milliard de dollars, alors que le groupe tablait en mars dernier sur une progression comprise entre 6 et 12%. En rachetant Sun, Oracle comptait utiliser plus efficacement ses bases de données en les faisant tourner sur des serveurs fabriqués par Sun, mais les bénéfices escomptés ne sont pas encore au rendez-vous. Après avoir clôturé à 32,46 dollars, l’action a chuté de 7% à 30,01 dollars sur le Nasdaq en après-Bourse.
«Le fait de s’éloigner de leur compétence de base augmente les difficultés de gestion du groupe», juge Peter Goldmacher, analyste chez Cowen & Co. Ces ventes décevantes font suite à la publication d’un chiffre d’affaires trimestriel en dessous des attentes de Micron Technology, ce qui fait craindre un ralentissement de la demande, particulièrement en Europe. «Les dépenses informatiques ont ralenti, ce qui va forcément affecter les groupes du secteur technologique», estime Trip Chowdhry, analyste chez Global Equities Research.
Le directeur financier d’Oracle Safra Catz espère un rebond des ventes de matériel durant le trimestre en cours qui s’achèvera fin août, mais sa prévision reste imprécise puisque les ventes de cette division devraient être comprises «entre +5% et -5%». Les ventes de nouvelles licences de logiciels devraient en revanche augmenter de 10% à 20% sur la période, tandis que le bénéfice net hors exceptionnels, compris entre 45 et 48 cents par action, resterait conforme aux attentes des analystes. Le directeur général Larry Ellison a précisé qu’il n’avait aucun projet d’acquisition importante à l’heure actuelle compte tenu de valorisations jugées trop élevées, et que le groupe allait «concentrer ses efforts et son énergie sur la croissance organique».
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