Le directeur général historique du groupe de cartes à puce va passer la main à son adjoint, Philippe Vallée. Une décision longuement réfléchie, assure-t-il.
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Olivier Pinaud
Olivier Piou, président directeur général de Gemalto.
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Photo Bloomberg.
Il y a une vie après Gemalto. A l’origine de la création du numéro un mondial des cartes à puce et de la sécurité numérique, Olivier Piou a décidé de passer la main. Agé de 57 ans, le directeur général cédera les commandes en août prochain à Philippe Vallée, actuel directeur général adjoint du groupe. Olivier Piou deviendra administrateur non exécutif de Gemalto, mais n’a pas vocation à prendre la présidence, actuellement occupée par Alex Mandl. Il ne percevra ni retraite complémentaire ni contribution additionnelle en lien avec son départ, précise Gemalto.
«Je réfléchis depuis plusieurs année à transmettre la direction de Gemalto. J’y avais pensé en 2014, mais le moment ne s’y prêtait pas avec la préparation à l’époque du plan stratégique. Le groupe aura réalisé en septembre les trois quarts de son plan à 2017. Le moment est donc devenu plus propice», explique à L’Agefi Olivier Piou. Présent dans le groupe depuis 1992, Philippe Vallée aura donc la responsabilité de définir et de mener le prochain plan stratégique.
Surpris par le timing de l’annonce, les investisseurs voyaient en Philippe Vallée le successeur désigné d’Olivier Piou. Les analystes d’Oddo s’interrogent toutefois sur l’annonce de cette transition «sachant qu’elle intervient après deux années particulièrement difficiles rendant très compliquée la réalisation de la feuille de route 2017».
Olivier Piou justifie cette décision comme un choix de vie, mais non comme une lassitude personnelle ou une réponse aux récents doutes du marché envers la stratégie de Gemalto. «Le scepticisme envers le groupe est permanent depuis l’introduction en Bourse d’Axalto et cela a toujours constitué une motivation supplémentaire », indique Olivier Piou. L’ancien dirigeant restera également administrateur de Nokia et souhaite profiter de son futur temps pour se consacrer à des projets personnels dans la science, notamment l’astronomie, et l'éducation.
Si Olivier Piou assure n’avoir jamais eu la volonté de personnifier Gemalto, son nom reste tout de même fortement associé à la création du groupe. Olivier Piou a mené Axalto en Bourse en 2004 avant de la fusionner un an plus tard avec son grand concurrent Gemplus. A l’époque, l’ancienne filiale de Schlumberger capitalisait environ 600 millions d’euros. Hier, Gemalto valait 5,4 milliards d’euros. Depuis la fusion avec Gemplus, le chiffre d’affaires est passé de 2,1 milliards à plus de 3 milliards de dollars.
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