Olam cherche à prendre à revers les positions vendeuses de Muddy Waters
Attaqué par Muddy Waters, qui lui promet un destin à la Enron, Olam tente de prendre le fonds à son propre piège. L’opération de financement de 1,25 milliard de dollars envisagée par le courtier et producteur de matières premières agricoles a été échafaudée afin de contrarier les positions vendeuses accumulées par le hedge fund.
L’appui apporté par le fonds singapourien Temasek, deuxième actionnaire d’Olam, qui s’engage à acheter tous les droits non exercés par les autres actionnaires, ajoute à la démonstration de force. Le placement est dirigé par Credit Suisse, DBS, HSBC et JPMorgan.
L’émission, constituée d’obligations et de bons de souscription d’actions (warrants) attachés (313 obligations et 162 warrants pour chaque lot de 1.000 actions), est réservée aux actionnaires d’Olam. Résultat, les investisseurs qui souhaitent participer à l’opération pour limiter l’effet de dilution potentiel des warrants devront prouver être en possession des actions pour souscrire. Olam espère ainsi pousser certains de ses actionnaires à rappeler une partie des titres loués aux hedge funds pour leur permettre de construire leurs positions vendeuses. Ces derniers pourraient être contraints de racheter leurs positions. Et même si tous les titres ne sont pas rappelés, la raréfaction des actions à «louer» renchérira la commission payée par les vendeurs à découvert aux vrais propriétaires des titres.
Olam a semble-t-il réussi son coup. Malgré la taille de l’émission, la plus importante jamais envisagée par le groupe auprès du public, l’action a terminé en hausse de 1,59% à sa reprise de cotation mardi dans d’importants volumes, plus de deux fois supérieurs à la moyenne de ces trois derniers mois.
Muddy Waters s’étonne de «la structure inhabituelle» de l’opération. Le hedge fund dirigé par Carson Block estime qu’elle ne fait que valider sa «thèse selon laquelle Olam est en danger de faillite» et se demande même si la précipitation du courtier n’indique pas qu’il était «à quelques jours de la chute». Le fonds pense que ce sont les banques créancières d’Olam qui ont demandé à Temasek de garantir l’opération pour qu’elles continuent à soutenir la société.
Selon lui, l’émission obligataire de 750 millions de dollars ne règle rien: Muddy Waters estime qu’Olam devra refinancer 4,6 milliards de dollars dans les douze prochains mois pour rester à flot.
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