Oi songe à prendre le contrôle de la filiale de Telecom Italia au Brésil
Le marché des télécoms brésilien suscite de multiples convoitises. Outre la rivalité entre Telefonica et Telecom Italia pour le rachat de GVT dans les activités fixes, la filiale de l’opérateur italien dans ce pays intéresse le quatrième opérateur mobile Oi. Ce dernier a annoncé hier avoir mandaté la banque BTG Pactual pour évaluer toutes les options possibles «visant à mettre en place une proposition viable afin d’acquérir la participation de 67% détenue par Telecom Italia dans TIM Participacoes».
Ce mouvement est inattendu car Oi est déjà engagé dans un rapprochement avec Portugal Telecom. Le premier ne pesait hier en Bourse que 5,35 milliards de dollars (4 milliards d’euros), contre une capitalisation de 13 milliards de dollars pour TIM, ce qui valorise à 8,7 milliards de dollars la participation de 67% de Telecom Italia. Avec un ratio de dette nette sur excédent brut d’exploitation supérieur à 4 fois, Oi est de surcroît l’opérateur le plus endetté du Brésil, malgré près de 3 milliards de cessions d’actifs effectuées depuis le printemps 2013. Suite à la dégradation de sa note de crédit en catégorie spéculative par Fitch et S&P, son directeur général, Zeinal Bava, avait indiqué début août qu’il songeait à alléger davantage le bilan du groupe.
Cette déclaration d’intérêt intervient une semaine après l’autorisation donnée par le régulateur brésilien (Anatel) de lancer les enchères pour l’achat de fréquences 4G. Si TIM a confirmé sa participation à ce processus, ce n’est pas le cas d’Oi, handicapé par sa structure de bilan, qui court ainsi le risque d’être marginalisé. En cas d’échec d’une offre de Telecom Italia sur GVT, ce risque concernerait également TIM, estiment les analystes de Natixis. La stratégie opportuniste du quatrième opérateur mobile fournirait selon eux à Telecom Italia une solution lui permettant de rester présent au Brésil, «en tirant parti des importantes synergies en tant qu’actionnaire d’Oi».
Oi, qui détient 19% du marché mobile brésilien (contre 25% pour la filiale d’America Movil, 27% pour TIM et 29% pour Telefonica), pourrait néanmoins être confronté à Vodafone qui s’est dit prêt à racheter l’un des trois premiers opérateurs du pays au lieu de se porter candidat à l’achat de fréquences 4G, rapportait la semaine dernière le journal O Estado de San Paolo en se référant à des documents internes au groupe britannique. Le quotidien précisait que TIM «serait alors sa cible préférée».
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