Oberthur pointe les faiblesses de De La Rue pour le pousser à négocier
Oberthur remue le couteau dans la plaie. Le groupe français de cartes à puce, qui tente en vain depuis trois mois d’ouvrir des discussions de rapprochement avec De La Rue, affirme que son concurrent britannique n’a pas été retenu par la banque centrale indienne pour un nouveau programme fiduciaire. «Oberthur a toutes les raisons de penser que le récent appel d’offres pour l’impression de 16.000 tonnes de billets de banque a été attribué à quatre concurrents de De La Rue», indique le groupe français dans un communiqué au ton inamical et peu courant.
Oberthur demande à la direction de De La Rue «d’informer le marché» des raisons de cet échec en Inde et de ses conséquences sur l’activité. Le français rappelle que le 23 novembre 2010, De La Rue avait reconnu une «incertitude» avec son premier client étranger, sans le nommer, et ne savait pas s’il pourrait continuer à travailler avec lui. Dans un bref communiqué publié hier en réponse à celui d’Oberthur, De La Rue a indiqué que cette «incertitude persiste» et qu’il ferait un commentaire approprié le moment venu.
Selon Oberthur, la perte de ce contrat, succédant à un problème de sécurité survenu en septembre 2010, est préjudiciable à la réputation du premier imprimeur mondial de billets de banque. Et que cela risque de nuire à sa capacité «à remporter de nouveaux contrats rentables et à conserver ses clients actuels». D’où la nécessité d’accepter sa proposition de rachat, maintenue malgré ce risque sur l’activité. «Nous pensons que l’association de De La Rue et d’Oberthur constituerait le catalyseur pour restaurer la réputation et le rang de la société», indique Jean-Pierre Savare, le président d’Oberthur. Pour De La Rue, le carnet de commandes à ce jour est identique à celui de l’an passé à pareille époque.
De La Rue est fragilisé par cet incident. En plus d’une charge de 41 millions de livres, ce qui a provoqué une chute de 45% de son bénéfice opérationnel au premier semestre, l’imprimeur de la livre sterling vient de changer de directeur général. Quant à son cours de bourse, il stagne depuis l’annonce le 6 décembre de l’approche d’Oberthur mais reste inférieur aux 905 pence par action avancés par le français, soit 896 millions de livres au total (1 milliard d’euros environ), un prix jugé insuffisant par De La Rue. Dans sa réponse aux attaques du français, le groupe britannique n’a pas fait de commentaire sur cette offre.
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