Oberthur cherche à assurer le financement de son OPA sur De La Rue
Oberthur avance sur le financement de son projet d’OPA sur De La Rue. Selon la presse britannique, le groupe français aurait contacté plusieurs fonds de private equity susceptibles de l’aider dans son opération dont le montant s’élève à 896 millions de livres, soit près d’un milliard d’euros, alors qu’une partie du marché doute de la capacité financière du groupe familial français. A 788 pence hier soir, le cours de l’action De La Rue reste ainsi très en dessous du prix de 905 pence proposé par Oberthur.
Le montage évoqué passerait par l’émission d’obligations convertibles pour un montant de 300 à 400 millions de livres (356 à 475 millions d’euros). Celles-ci seraient converties en actions De La Rue en cas de réussite de l’OPA, ce qui confèrerait théoriquement aux fonds entre 33 % et 44 % du capital du premier imprimeur mondial de billets. La direction d’Oberthur, conseillée par Lazard et HSBC, ne fait aucun commentaire. Lors de l’annonce de son projet d’OPA sur De La Rue, le 6 décembre 2010, Oberthur indiquait être en mesure de monter, le moment venu, un financement adéquat.
Discret depuis son retrait de la Bourse fin 2008, Oberthur est épaulé par la holding financière belge Sofina. En 2009, cette dernière a acquis 8,6% du capital de la holding de tête, François-Charles Oberthur, aux côtés de la famille Savare. Contacté par L’Agefi, Sofina n’a pas souhaité commenter son investissement dans Oberthur, ni ses modalités.
Malgré ce soutien, le groupe pourrait avoir du mal à financer seul l’opération sur De La Rue. En 2009, selon les dernières données disponibles sur son site internet, le groupe de cartes à puce a dégagé un chiffre d’affaires de 904,6 millions d’euros. Son résultat d’exploitation (Ebit) s’élevait à 86,7 millions et son bénéfice net à 49,2 millions. Le groupe indique porter une dette nette de 123,5 millions d’euros.
Le Takeover Panel, l’autorité qui supervise les offres publiques en Grande-Bretagne, a donné à Oberthur jusqu’au 7 février pour dire s’il dépose ou non une offre formelle sur De La Rue. Le 4 janvier, pour pousser la direction du britannique à ouvrir des discussions, Oberthur avait publiquement demandé à De La Rue d’expliquer au marché les raisons de la perte d’un important contrat avec la Banque centrale indienne. De La Rue avait répondu que les discussions avec ce client se poursuivaient.
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