Nvidia à 4.000 milliards, symbole d’un marché qui néglige la guerre commerciale
Donald Trump n’aurait pu rêver d’un meilleur début d’été. Aucun des voyants financiers susceptibles de tempérer ses ardeurs n’est passé au rouge ni même à l’orange : les Etats-Unis placent leur dette à un taux raisonnable, le consommateur américain ne craint ni le chômage ni l’inflation, et Wall Street a retrouvé le vertige des hauteurs. Quel meilleur symbole de cette immunité présidentielle que l’envolée de l’action Nvidia, le jour de l’annonce de droits de douane massifs sur le cuivre. L’emblème de la révolution IA vient de franchir pour la première fois les 4.000 milliards de dollars de capitalisation boursière. Un sommet qu’aucune autre Big Tech n’avait jusqu’à présent exploré.
A ces altitudes, l’oxygène vient à manquer aux investisseurs. Le concepteur des puces indispensables à l’essor de l’intelligence artificielle générative n’est pas si cher en termes de multiple de résultats, puisqu’il se paie 37 fois ses résultats attendus. Le ratio devient extraordinaire rapporté aux revenus. Nvidia vaut plus de 25 fois son chiffre d’affaires, le triple, en moyenne, des autres représentants de la tech aux Etats-Unis. Le taux de croissance des ventes et le niveau de marge stratosphérique du groupe, supérieur à 50%, constituent le premier vecteur de cette ascension boursière. Et donc, un risque à surveiller si leur rythme venait à ralentir.
Mais les fondamentaux techniques s’effacent derrière la psychologie des financiers en cet été 2025. Nvidia n’est pas seulement le premier de cordée de Wall Street, il incarne à lui seul un marché actions qui ne sait plus valoriser la guerre tarifaire ou les incartades de Trump. Entre l’investiture du président en janvier et l’annonce des droits de douane réciproque début avril, période marquée par l'émergence de la menace chinoise d’une IA à bas coût, le cours avait fondu d’un tiers. Depuis, au gré des volte-face et des dates butoirs sans cesse repoussées, les investisseurs ont décidé de faire abstraction des nouvelles du front commercial. Le titre Nvidia a rebondi de 75%. Son poids dans les indices accroît mécaniquement la demande des gestions passives de type ETF que les particuliers américains achètent à tour de bras. Et ceux qui voudraient aujourd’hui se protéger contre un risque de krach boursier dégraderaient leur performance.
Plus d'articles du même thème
-
Google affiche une forte croissance mais ses investissements inquiètent
La maison mère du géant du numérique, Alphabet, a consommé de la trésorerie au deuxième trimestre pour la première fois de son histoire en raison de l'envolée de ses dépenses. -
La Société de la Tour Eiffel va quitter la Bourse après douze ans sous contrôle de SMABTP
Entré au capital en 2014, l'assureur mutualiste a consolidé sa position au fil d'une recapitalisation contestée de la foncière cotée. -
Les fonds de pension australiens surfent sur la performance des actions mondiales
Selon un récent rapport, le système de retraite australien, dont la moitié des actifs est investie à l'étranger, est l’industrie d'épargne retraite en croissance la plus rapide au monde.
ETF à la Une
T. Rowe Price lance un ETF multi-crypto à gestion active
- L'Europe se prépare à alléger les exigences en capital de ses banques
- La BFI de Bred Banque Populaire veut tout avoir d’une grande
- Axa sort du capital d’Ardian au profit des Assurances du Crédit Mutuel et de Wafra
- Le secteur technologique donne des signes de craquements en Bourse
- Une dose de paramétrique peut venir au secours de l’assurance catastrophes naturelles
Contenu de nos partenaires
-
Sur la route du Tour avec MacronDu roi thaumaturge à la dure loi de la Ve République, les espoirs déçus du décennat Macron
SERIE (12/13). A l’occasion du Tour de France 2026, l’Opinion parcourt l’étape du jour à la recherche des traces de la décennie Macron. Ce jeudi, le peloton s'attaque aux Alpes, reliant Voiron (Isère) à la station d'Orcières-Merlette (Hautes-Alpes). -
Trois tables parisiennes à ne pas manquer cet été
Une Alsace débarrassée de ses colombages, un jeune chef qui signe sa première table dans le quartier des affaires, un bistrot militant qui fait peau neuve : trois adresses parisiennes où la tradition, cet été, se réinvente sans se renier. -
Tag Heuer TaylorMade Calibre E5, reine du green
Tel un caddie arrimé au poignet, cette montre Tag Heuer destinée aux golfeurs mesure chacun de leurs coups. Un simple coup d'œil suffit à visualiser la distance du prochain coup tout en monitorant et améliorant ses performances. Nous l’avons testée pour vous !