Numericable réduit pas à pas son niveau d’endettement
Aidé par l’accélération de son chiffre d’affaires, le groupe a réduit à 5,1 son ratio dette nette sur Ebitda. Il devrait tomber sous 5 cette année
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Olivier Pinaud
Numericable réduit pas à pas son niveau d'endettement. Photo: PHB
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Eric Denoyer, le président de Numericable, ne se lasse pas de montrer le graphique : une flèche vers le haut pour sa société, des flèches vers le bas pour la majorité des ses concurrents dans les télécoms. Présent sur l’accès à internet à très haut débit et la télévision payante, le groupe n’est pas victime comme SFR, Bouygues Telecom et Orange de l’offensive de Free dans le mobile. La relative passivité de ses concurrents dans la fibre optique lui laisse également plus de place pour déployer son offre.
Résultat, Numericable a augmenté de 11,6% son nombre d’abonnés «triple play» (internet, TV, téléphone) sur le réseau de fibre optique au premier trimestre 2013, avec un peu plus de 1,6 million d’abonnés. Son chiffre d’affaires trimestriel a progressé de 3,5% à 225 millions d’euros, avec un Ebitda de 115 millions (+1,7%). La hausse des dépenses de marketing et de communication explique le décalage de croissance entre revenus et résultat opérationnel. Après paiement de sa charge d’intérêt, il a dégagé un cash flow libre de 11 millions d’euros. L’amélioration de la performance opérationnelle permet de désendetter progressivement la structure.
Au 31 mars, Numericable affichait un ratio dette nette sur Ebitda de 5,1 contre 5,2 fin 2012 et 5,4 il y a un an. L’objectif est de le faire passer sous le seuil de 5.
Le refinancement opéré l’an dernier, via l’émission de deux obligations high yield à échéance 2019 par Numericable, a permis de repousser à 2016 et 2017 les principales échéances de remboursement de la dette bancaire d’Ypso, la structure de tête du groupe montée lors du rachat par effet de levier de 2006.
De quoi laisser un peu de temps aux actionnaires, Carlyle (37,48%), Cinven (37,47%) et Altice (24,06%) pour trouver une solution. L’introduction en Bourse en est une. Cinven a d’ailleurs utilisé cette voie récemment pour sortir du capital du câblo-opérateur néerlandais Ziggo. Eric Denoyer ne souhaite pas commenter «cette rumeur». Ni celle d’un possible rapprochement avec SFR même si cette idée «répond à une logique industrielle».
En attendant, Numericable pourrait profiter de la bonne passe actuelle des marchés pour ajuster à la marge sa structure de dette senior en échangeant certaines lignes.
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