Numericable avance vers sa mise en Bourse
Cela s’annonce comme la plus importante introduction à la Bourse de Paris depuis plus de trois ans. Les deux premiers actionnaires de Numericable, Carlyle et Cinven, qui détiennent chacun 37% du capital, ont accéléré ces dernières semaines le projet de mise en Bourse du câblo-opérateur français.
En plus du rôle de conseil de Rothschild, trois banques de marché commencent à travailler sur le sujet, a appris L’Agefi: Morgan Stanley, JPMorgan et Deutsche Bank. Les deux premières avaient conseillé la société l’an dernier lors de ses discussions avec Vivendi en vue d’un rapprochement avec SFR. Le syndicat devrait être élargi à une banque française, probablement CA CIB, voire deux en ajoutant SG CIB. Numericable ne fait aucun commentaire.
Selon une source financière, l’opération pourrait être lancée en novembre 2013 ou en février 2014, après la clôture des comptes annuels. La période actuelle est propice à la mise en Bourse de Numericable. Une vague de fusions-acquisitions bouscule le secteur européen depuis un an. Après avoir racheté Virgin Media et s’être invité au capital du néerlandais Ziggo, l’américain Liberty Global dispute Kabel Deutschland à Vodafone. De quoi gonfler les valorisations. Bénéficiant d’une prime, Kabel capitalise près de 11 fois son Ebitda estimé pour 2013 et plus de 30 fois son cash-flow opérationnel. Sa valeur d’entreprise représente environ 1.200 euros par abonné.
Moins dynamique que Kabel ou que Ziggo, Numericable ne pourrait sûrement pas justifier des mêmes multiples auprès des investisseurs. Début 2012, lors de la mise en Bourse de Ziggo, Warburg Pincus et Cinven, avaient accepté une décote de 10% à 15% sur la vente des titres vis-à-vis de Kabel Deutschland. Exane BNP Paribas ajoute que les récentes acquisitions dans le secteur, avant la récente frénésie, se sont faites entre 7 et 9 fois l’Ebitda. Dans ce cas, Numericable vaudrait entre 3,3 et 4,1 milliards d’euros.
Si son chiffre d’affaires a accéléré ces derniers mois (+3,5% au premier trimestre 2013), Numericable souffre encore d’un handicap: sa dette. A 2,34 milliards d’euros, elle représentait encore 5,1 fois son Ebitda fin mars 2013, contre un levier de 3,5 chez Ziggo et Kabel. Un niveau qui pourrait l’empêcher de distribuer autant de dividendes que ses comparables européens.
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