Novartis prévient d’une érosion de sa rentabilité
Novartis fait le dos rond. A l’occasion de la publication hier de résultats trimestriels inférieurs aux attentes, le laboratoire pharmaceutique suisse a prévenu que sa rentabilité 2012 serait en retrait. La confirmation des efforts déployés en termes d’économies de coûts (1,5 à 2,5 milliards de dollars attendus en 2012, un programme «en cours d’achèvement» selon le directeur général Joseph Jimenez) et la volonté de dynamisme en termes de lancement de nouveaux produits ne devant pas permettre de compenser tout à fait les effets de la pression toujours plus vive des médicaments génériques.
Un contexte de concurrence exacerbée propice à l’émergence d’opérations de rapprochement, comme en a témoigné hier encore l’offre hostile de quelque 5,7 milliards de dollars dévoilée par Roche visant l’américain Illumina (L’Agefi Quotidien du 25 janvier).
Pour l’heure, Novartis a publié pour 2011 un chiffre d’affaires (58,57 milliards de dollars) en hausse de 16% (+10% à 9,5 milliards pour la filiale génériques Sandoz) et un résultat net en recul de 7% à 9,24 milliards. Pour 2012, le groupe suisse vise une stabilité de son chiffre d’affaires ainsi qu’une marge opérationnelle cœur à taux de changes constants en repli limité par rapport aux 27,2% observés l’an dernier (elle-même en progrès de 1,1 point).
Aurel BGC relève que Novartis se révèle «plus prudent que le consensus», qui mise sur une «légère croissance» des ventes et une «amélioration des marges du fait des mesures d’économies de coûts». Les analystes de CM-CIC jugent quant à eux «plutôt précautionneux» le discours du groupe bâlois. Certes, ce dernier a publié des résultats «en demi-teinte» et fait face à un exercice en cours «délicat», du fait notamment de la perte de l’exclusivité sur le Diovan. Pour autant, le courtier reste «confiant dans la capacité du groupe à assurer une croissance pérenne et à réaliser de nouveaux gains de profitabilité même dans un environnement perturbé».
Par prudence encore, Novartis proposera le versement d’un dividende unitaire 2011 certes en hausse (de 2,20 à 2,25 francs), pour la quinzième année consécutive se targue-t-il, mais inférieur aux attentes. De quoi accentuer, avec l’absence d’un programme de rachat de titres comme le regrette Martin Voegtli chez Kepler Capital Markets, la défiance des opérateurs boursiers, le titre cédant 2,50% hier à Zurich à 50,70 francs.
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