«Nous infléchirons la stratégie de FPF en nous recentrant sur Paris»

Alain le Véel, directeur général de PHRV, confie à L’Agefi ses intentions pour l’avenir de Foncière Paris France (FPF)
Bruno de Roulhac

L’Agefi : Comment expliquez-vous le succès de l’offre de PHRV sur Foncière Paris France (FPF) ?

Alain le Véel : Dans un contexte financier particulièrement tendu, les actionnaires ont pu profiter de la liquidité offerte grâce à notre OPA entièrement en numéraire. PHRV de concert avec Cofitem-Cofimur détient 84% des actions. Les principaux actionnaires de FPF, Predica et même Holding Wilson 250, détenu par les actuels dirigeants de FPF pourtant opposés à l’offre, ont apporté leurs titres. Parmi les trois lignes d’OSRA (obligations subordonnées remboursables en actions) 2006, PGGM a apporté à l’offre, Forum European a converti ses titres et apporté les actions.

Comment le capital de FPF se répartira-t-il ?

Comme nous nous y sommes engagés, afin de conserver le statut de SIIC, la détention de PHRV de concert avec Cofitem-Cofimur et Foncière 6e et 7e ne dépassera pas les 60% des 2,18 millions d’actions actuellement en circulation, tout en restant supérieure à 50%. Foncière 6e et 7e nous rachètera des titres FPF (actions, OSRA, BSA) à hauteur de 40 millions d’euros maximum, Covéa à hauteur de 95 millions et Le Conservateur à hauteur de 10 millions. La répartition précise sera décidée après la publication des résultats de l’offre réouverte le 6 mars prochain. Nous analyserons ensuite les instruments de dilution restants pour bâtir une prospective à moyen terme nous permettant de conserver le contrôle de FPF.

Comment financerez-vous cette opération ?

En raison des accords de rachats de titres que nous venons de décrire, la part propre à PHRV sera au maximum de 180 millions d’euros. Dont au moins 20 millions seront financés par la trésorerie du groupe, comme indiqué dans la note AMF, et le solde par crédit bancaire.

Pourquoi ne dirigez-vous pas effectivement FPF dès aujourd’hui ?

Nous devons attendre la prochaine assemblée générale du 28 mars 2012 pour organiser la succession de Jean-Paul Dumortier, PDG de FPF, et de Didier Brethes, administrateur et directeur général délégué. Toutefois, l’actuelle direction aurait toujours la possibilité de démissionner avant cette échéance, d’autant qu’à notre connaissance, elle a cédé l’essentiel de ses titres.

Que comptez-vous demander lors de cette AG ?

Nous demanderons le renouvellement complet du conseil de FPF. Seul demeurera notre actuel représentant au conseil, François Thomazeau. L’actuelle équipe dirigeante de Cofitem-Cofimur et de PHRV, Olivier Riché, Arnaud Pomel, Guy de Soucy et moi-même, rejoindra FPF pour constituer le futur management de la société.

Quel projet industriel avez-vous pour FPF ?

Nous allons commencer par réaliser un examen attentif des données bilancielles pour appréhender précisément la réalité de cette société. Nous maintiendrons l’objectif initial de FPF d’un milliard d’euros d’actifs à moyen terme. Toutefois, nous infléchirons la stratégie en nous recentrant sur Paris, qui ne représente actuellement que la moitié du patrimoine de FPF. Nous pourrions souhaiter arbitrer les immeubles de la deuxième couronne, si ceux-ci devaient faire face à de lourdes mises aux normes environnementales.

Allez-vous maintenir le dividende de 6,25 euros (+9%) au titre de 2011 annoncé par FPF en novembre dernier ?

A ce jour, ne connaissant pas les résultats, nous n’avons pris aucune décision. Nous souhaitons avoir, comme nous le faisons dans les autres sociétés du groupe, une politique de distribution régulière et s’inscrivant dans une perspective à moyen terme.

Comment comptez-vous faire face aux renégociations des 185 millions d’euros de lignes de crédit actuelles de FPF ?

Nous avons déjà entrepris des premières démarches. Un des établissements du pool bancaire va faire jouer la clause de changement de contrôle pour exiger le remboursement. Ce n’est pas à proprement parler une surprise, cette banque ayant déjà manifesté son intention de sortir du marché immobilier français. Dans le cadre du refinancement, nous allons faire entrer de nouvelles banques. Le coût de financement remontera peut-être temporairement, mais il devrait se stabiliser par la suite. La conversion des obligations en actions permet de renforcer les fonds propres et de réduire le niveau de l’endettement (LTV). Il faut indiquer enfin qu’avec Cofitem-Cofimur, Foncière 6e et 7e, et FPF, notre groupe dispose de plus d’un milliard de fonds propres.

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