Norilsk Nickel reste au centre des luttes de pouvoir menées chez Rusal
Malgré une hausse des prix de l’aluminium sur l’ensemble de l’exercice, la marge d’exploitation de Rusal s’est repliée en 2011 de 430 points de base à 14,2% «en raison principalement de l’augmentation du coût d’achat des matières premières, de la hausse des dépenses de transport et d’électricité et de l’appréciation du rouble par rapport au dollar», souligne le groupe russe. Mais il a surtout été pénalisé par les rachats d’actions réalisés début 2011 par Norilsk Nickel dont il avait pris 25,1% du capital en 2008.
Ayant souhaité conserver l’ensemble de ses titres, Rusal a vu sa part dans la compagnie minière passer à 30,3% du capital, mais il a dû comptabiliser une perte de 1,4 milliard de dollars (1,06 milliard d’euros) sur la valeur comptable de cette participation ramenée à 9,2 milliards en fin d’année. Cette dépréciation a entraîné une perte nette de 974 millions de dollars au dernier trimestre. Anticipant au cours des prochains mois une poursuite du recul des prix de l’aluminium constaté au quatrième trimestre, Rusal mise sur une résorption des excès de stocks sous l’effet de fermetures de capacités qui réduiront de 2 à 3% l’offre mondiale en 2012.
Constatant que Norilsk «refuse depuis son assemblée générale de juin 2011 de rémunérer les services de ses administrateurs indépendants et de les défrayer pour leur participation aux réunions de son conseil», Rusal propose par ailleurs, dans une lettre ouverte aux actionnaires du groupe de nickel, de mettre en place une institution fiduciaire contrôlée de façon indépendante («independent director trust»). Elle serait dotée d’au moins 250.000 dollars pour la période allant de juin 2011 à juin 2013.
Concernant son propre conseil d’administration, après les critiques formulées par son actionnaire Sual Partners sur la nomination au poste de président de Barry Cheung, qui n’a pas la nationalité russe, Rusal a répliqué que cette désignation avait été approuvée par un vote majoritaire, qu’elle était «conforme aux meilleures pratiques de gouvernance» et qu’elle reflétait le caractère international d’un groupe «présent sur cinq continents». Afin de protéger ses intérêts, il envisage des poursuites contre Sual Partners désormais représenté au conseil par Maxime Goldman, en remplacement de l’ex-président Victor Vekselberg.
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