Nokia rompt sa fibre sociale pour sauver ses bénéfices

Le fabricant de téléphones supprime 3.500 emplois supplémentaires. Il va examiner le rôle à long terme de ses deux principales usines européennes
Olivier Pinaud

Nokia brise un tabou. Le groupe finlandais a indiqué hier qu’il va examiner «le rôle à long terme de ses unités de production à Salo, en Finlande». Cette usine n’est pas la seule concernée. Les sites de Komarom en Hongrie et de Reynosa au Mexique font également partie de cet examen. Mais c’est la première fois que Nokia évoque explicitement une possible révision du fonctionnement de son usine de Salo. Avec près de 20.000 personnes, le fabricant de téléphone est le premier employeur privé de Finlande.

Cette annonce révèle un peu plus les difficultés de Nokia. Selon le cabinet Gartner, sa part de marché mondiale est tombée à 22,8% fin juin 2011, contre encore plus de 30% un an auparavant. Et ses résultats ont violement dérapé au deuxième trimestre avec une perte opérationnelle de 487 millions d’euros. Le numéro un mondial des téléphones mobiles a engagé depuis le début de l’année un plan de réductions de ses coûts d’exploitation qui doit lui permettre d’économiser plus de 1 milliard d’euros par an à partir de 2013. En 2010, ses charges d’exploitation représentaient 5,65 milliards.

Pour y parvenir, Nokia va durcir son plan de licenciements. En fermant son unité roumaine, et en réorganisant son activité de services de «géo-localisation», le groupe va supprimer 3.500 emplois supplémentaires. Il avait déjà prévu 4.000 suppressions de postes en avril dernier, en plus des 1.800 annoncés en octobre 2010. Au total, en moins d’un an, Nokia a donc programmé 9.300 licenciements, soit 7% de ses effectifs totaux. Fin 2010, le groupe employait 132.000 personnes, dont 41% en Europe, essentiellement en Finlande (19.841), en Allemagne (11.243) et en Hongrie (5.931). Ces départs devaient être effectifs d’ici à fin 2012.

Et pour ne rien arranger, Nokia va injecter 500 millions d’euros au capital de sa filiale Nokia Siemens Networks (NSN) spécialisée dans les équipements de réseaux. Siemens apportera également 500 millions d’euros. Mise en vente en début d’année, NSN n’a pas trouvé preneur, la société commune n’ayant jamais réussi à dégager des bénéfices durables depuis sa création en 2007, en dépit d’une position de numéro deux mondial derrière Ericsson. Selon Fitch, cette injection d’argent ne remet pas en question la note du crédit de Nokia (BBB-, perspective négative). Le groupe disposait à fin juin d’une trésorerie nette de 3,9 milliards d’euros.

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