Nokia pilotera désormais seul son activité dans les infrastructures mobiles
Un peu plus de six ans après la création de Nokia Siemens Network (NSN), Nokia va désormais poursuivre seul cette activité, en rachetant à son partenaire allemand pour 1,7 milliard d’euros la part de 50% que ce dernier détient dans leur coentreprise. Ce prix est jugé «raisonnable» par les analystes d’Oddo Securities, puisqu’il valorise cette activité selon leurs calculs «0,2 fois le chiffre d’affaires 2013 et 4,5 fois l’Ebit retraité pour l’année 2013, contre des ratios respectifs de 0,8 fois et 7 fois pour Ericsson».
Sur ce total, 1,2 milliard d’euros seront versés en numéraire et 500 millions sous forme de ligne de crédit à un an accordée par le vendeur à Nokia ; celui-ci s’est par ailleurs assuré du soutien de ses banques pour financer l’opération, qui doit être finalisée au troisième trimestre. Les actions Nokia et Siemens ont bien réagi à cette annonce en prenant respectivement 3,7% et 2,6% hier.
Le désengagement de Siemens semble logique, le groupe allemand ne considérant depuis longtemps plus les télécoms comme appartenant à son cœur de métier. Quant à Nokia, il n’intégrera pas cette entité spécialisée dans les réseaux mobiles qu’il compte revendre ultérieurement à des fonds d’investissement. Un projet sur lequel les analystes d’Oddo Securities se montrent sceptiques, «étant donné la défiance sur la pérennité du mix de revenus chez NSN», à la suite de «la forte contribution des revenus bien margés du Japon et de la Corée du Sud ces derniers trimestres».
Le bénéfice de 3 millions d’euros dégagé par NSN au premier trimestre reste insuffisant pour contrebalancer la consommation de trésorerie toujours élevée du groupe sur son principal marché des terminaux mobiles. Le groupe a d’ailleurs annoncé avoir brûlé au deuxième trimestre «entre 300 et 800 millions d’euros» de trésorerie, ce qui ramènerait son niveau de trésorerie net entre 2 et 2,5 milliards d’euros à fin juin en données pro-forma, contre 4,5 milliards au 31 mars.
Après avoir supprimé 20% de ses effectifs en 18 mois, NSN employait environ 56.700 personnes à fin mars. Selon le quotidien finlandais Helsingin Sanomat, six usines de fabrication devraient être cédées à des sous-traitants en deux lots pour un montant compris entre 500 et 600 millions d’euros. Le chinois Foxconn, le singapourien Flextronics, les américains Sanmina-SCI et Jabil Circuit seraient sur les rangs pour acquérir ces unités de production.
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