Nissan doit à son tour se résoudre à anticiper une perte annuelle à fin mars
L’hécatombe se poursuit et n’épargne nullement Nissan, qui a drastiquement révisé hier ses ambitions annuelles. Le constructeur automobile japonais, détenu à 44% par Renault, anticipe désormais une perte nette de 265 milliards de yens (2,26 milliards d’euros) pour l’exercice fiscal à fin mars prochain, contre un bénéfice de 160 milliards prévu en octobre dernier. Nissan s’attend à une perte opérationnelle de 180 milliards de yens, contre un bénéfice de 270 milliards prévu il y a quatre mois.
Au troisième trimestre, à fin décembre, le groupe a concédé une perte d’exploitation de 99,2 milliards de yens et un résultat net dans le rouge à hauteur de 83,2 milliards de yens.
La faute en incombe au ralentissement de la demande mondiale (-31% pour les ventes de Nissan aux Etats-Unis en janvier, par exemple), sur fond de crise du crédit et de moral du consommateur en berne. Cela même alors que la vigueur du yen pénalise la rentabilité des ventes internationales.
Le PDG Carlos Ghosn n’a dès lors pas manqué de faire vœu de mesures rapides et efficaces. Des évolutions de la structure de direction ont été annoncées hier, passant par la création d’une haute fonction «responsable du retournement». Entre autres mesures, aucun bonus ne sera versé cette année aux membres du conseil d’administration, dont la rémunération sera réduite de 10%. Sur l’exercice à venir, 20.000 postes seront supprimés, soit 8,5% des effectifs. Tandis que les efforts de réduction des stocks seront maintenus, le groupe va réviser son programme de lancement de nouveaux modèles et souhaite renforcer les synergies issues de l’alliance avec Renault.
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