« Nexans a pris ses dispositions pour faire face à une amende potentielle »
L’AGEFI: Quelles ont été les principales caractéristiques de votre activité à fin juin?
FREDERIC MICHELLAND: Notre chiffre d’affaires de 2,3 milliards d’euros à prix du métal constant, en croissance organique de 8,2%, a bénéficié à égalité d’une amélioration des volumes et d’un effet prix favorable. La fusion Draka/Prysmian n’a pas entraîné de changement visible à ce stade sur nos marchés. Les événements d’Afrique du Nord et d’Egypte ont en revanche eu un impact négatif d’environ 80 millions sur nos ventes et de 70 points de base sur notre marge opérationnelle qui a atteint 5,1% contre 4% un an plus tôt. Malgré les incertitudes macroéconomiques, nous anticipons une activité toujours dynamique d’ici à fin 2011 et maintenons notre objectif d’une marge annuelle d’environ 5,5% et d’une croissance organique de 5 à 7%.
Comment avez-vous calculé les 200 millions d’euros provisionnés suite à la communication de griefs de Bruxelles?
Nous avons estimé ce montant en tenant compte à la fois de la politique suivie par la Commission européenne dans d’autres secteurs en matière de sanctions, de la méthodologie et des éléments sur lesquels la Commission envisage de se fonder ainsi que sur certaines contestations que nous comptons faire, mais sur lesquelles le secret de la procédure nous interdit de communiquer. Nous enverrons une réponse formelle pour mi-octobre, à la suite de quoi se tiendront les auditions des fabricants de câbles électriques concernés par cette procédure. La fixation du montant d’une possible amende ne devrait pas avoir lieu avant la mi-2012, sachant qu’un éventuel appel de la décision de la Commission n’est pas suspensif.
Quel sera l’impact sur votre situation financière?
Avec un endettement net qui devrait être réduit à 300 millions d’euros fin 2011 à périmètre et prix du cuivre constant contre 366 millions au 30 juin, nous avons pris nos dispositions pour faire face à cette sortie potentielle de cash. Hors amende éventuelle, notre dette nette au 30 juin 2011 représente l’équivalent d’une année d’excédent brut d’exploitation (Ebitda). Dans notre industrie, on considère généralement qu’un ratio moyen en rythme de croisière pouvant aller jusqu’à 2,5 fois l’Ebitda doit permettre de faire face aux aléas de la conjoncture et des évolutions du prix du cuivre. La trésorerie consolidée du groupe à fin juin est de l’ordre de 550 millions d’euros.
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