Nestlé et Danone semblent tenir la corde pour le rachat de la nutrition infantile de Pfizer

Une cession de l’alimentation infantile et de la santé animale pourrait rapporter 16 milliards de dollars au groupe pharmaceutique américain
Yves-Marc Le Reour

Nestlé et Danone ont soumis leurs premières offres en vue du rachat des activités d’alimentation infantile de Pfizer, selon Bloomberg qui se fonde sur des sources proches du dossier. Le groupe pharmaceutique, qui a hérité de cette activité lors de la reprise de son concurrent Wyeth en 2009, se réserve néanmoins toujours la possibilité de choisir entre une cession ou une scission, fiscalement plus avantageuse, de sa nutrition infantile et de sa filiale spécialisée dans la santé animale. Ces activités représentaient en 2010 à elles deux 8% des ventes du groupe américain qui souhaite concentrer ses efforts de R&D sur la santé humaine.

«Le processus de désengagement de la nutrition est toujours en cours», s’est contenté d’indiquer vendredi une porte-parole de Pfizer, en ajoutant qu’une décision définitive serait prise en 2012. Certains analystes ont valorisé l’activité de préparations pour nourrissons plus de 10 milliards de dollars tandis que la santé animale rapporterait environ 6 milliards. «Les investisseurs accueilleront ce désengagement de façon favorable», estime Les Funtleyder, stratégiste dans le secteur de la santé chez Miller Tabak. Le produit d’une éventuelle cession pourrait être en grande partie redistribué aux actionnaires sous forme de rachat d’actions.

La trésorerie de Nestlé, équivalente à 8,3 milliards de dollars au 30 juin dernier, est presque 3 fois plus élevée que celle de Danone qui s’élevait à 3 milliards de dollars. Mais les analystes de Citigroup estimaient récemment que la reprise de la nutrition infantile de Pfizer par Nestlé ne hisserait le groupe suisse qu’à la troisième place du marché chinois en forte croissance, alors que Danone «passerait en tête en cas de rachat réussi». Moins conservateur que son concurrent suisse dans sa stratégie de croissance externe, il serait prêt à payer un prix plus élevé.

Avec une part de marché de plus de 60% dans certains pays à l’issue de la transaction, les deux groupes seraient confrontés à l’obligation de céder une partie des actifs rachetés pour des raisons de concurrence. L’américain Abbott, actuellement numéro 4 en Chine dans l’alimentation infantile, a pour sa part déclaré la semaine dernière qu’il n’était pas en mesure de participer au processus de vente mis en place par Pfizer.

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