Nestlé est affûté pour réaliser de nouvelles acquisitions
Nestlé déjoue parfaitement les pièges dressés sur sa route par la vigueur du franc suisse et par la hausse du prix des matières premières agricoles. Grâce à sa forte présence dans les pays émergents, et à sa capacité à augmenter ses prix de vente (+3,8% au deuxième trimestre après une hausse de 1,5% au premier), le groupe suisse se dit en mesure d’atteindre le haut de sa fourchette de croissance du chiffre d’affaires à données comparables pour 2011, soit près de 6%. Au premier semestre 2011, ses ventes ont atteint 41 milliards de francs (39,3 milliards d’euros), en croissance organique de 7,5%. Dans la zone Asie, Océanie et Afrique, son chiffre d’affaires a crû de 11,5%. Sa marge opérationnelle courante a progressé de 40 points de base à taux de change constants (15,1%), alors que de nombreux analystes anticipaient une érosion de la rentabilité.
Dans ce flux de bonnes nouvelles, une seule aurait pu décevoir les investisseurs: le non-renouvellement, pour l’instant, du programme de rachats d’actions après la fin de celui qui a permis de racheter 35 milliards de francs suisse depuis 2007. Mais cette annonce est perçue comme une preuve supplémentaire des ambitions de Nestlé, notamment dans les pays émergents. L’économie de rachats d’actions lui donnera plus de marge de manœuvre. Le groupe dispose d’environ 7 milliards de francs de liquidités et de placements à court terme et sa dette nette s’élevait fin juin à 14,5 milliards, face à 52,4 milliards de fonds propres.
Une cible semble déjà identifiée: les activités de nutrition infantile de Pfizer. Interrogée, la direction de Nestlé n’a pas souhaité faire de commentaire lors de la présentation des résultats hier. Cette division, numéro 4 du marché chinois, dégage un chiffre d’affaires d’un peu moins de 2 milliards de dollars. Son prix pourrait avoisiner les 10 milliards de dollars. Un montant élevé mais qui pourrait être atténué par la vigueur actuelle du franc. Surtout, l’opération permettrait à Nestlé de refaire une partie de son retard en Chine. Le groupe ne serait que le numéro six du marché chinois de la nutrition infantile, dont la croissance moyenne est estimée à 17% par an entre 2010 et 2015. Avec la nutrition de Pfizer, Nestlé monterait sur la troisième marche du podium. Et, selon Cititgroup, il accroîtrait de 2% son bénéfice d’ici à trois ans.
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