Naissance en vue du numéro un américain de la distribution d’énergie
Le groupe énergétique américain Duke Energy s’apprêterait à dévoiler, sans doute aujourd’hui même, une offre de reprise de son concurrent Progress Energy pour plus de 13 milliards de dollars. L’opération est susceptible de donner naissance au numéro un du secteur de la distribution d’énergie aux Etats-Unis, devant NextEra Energy.
L’offre en titres est attendue avec une prime marginale par rapport à la capitalisation boursière de la cible de 13,1 milliards de dollars vendredi dernier. Celle du prédateur pressenti s’élève à moins du double, à 23,6 milliards.
Bloomberg croit savoir que le PDG de Duke Energy, James Rogers, pourrait abandonner la fonction de directeur général du nouvel ensemble au patron actuel de Progress Energy, William Johnson.
Un analyste cité par Reuters évoque pourtant des obstacles réglementaires à une telle union, les pouvoirs publics n’étant que peu souvent enclins à soutenir un regroupement de poids dont pourrait pâtir le consommateur, que ce soit en termes de tarifs ou de qualité des services. L’opération répond à un besoin crucial d’économies et de puissance commune de la part des groupes industriels, qui font face à des impératifs d’investissement, notamment dans le domaine nucléaire. Le secteur est en ébullition, après la récente tentative de prise de contrôle de Dynegy par Carl Icahn ou la vente de son acticité américaine par E.ON au bénéfice de PPL (pour 6,7 milliards de dollars). Duke Energy avait d’ailleurs participé à cette dernière bataille, et depuis cherchait à satisfaire son appétit de croissance externe.
Pas de doute en tout cas aux yeux de l’analyste Paul Patterson de Glenrock Associates, qui a confié à Bloomberg que l’opération permettra «des économies de coûts substantielles étant donné la proximité des deux sociétés» en termes de territoires de distribution.
Pour autant, les régulateurs cherchent à obtenir des concessions drastiques de la part des groupes énergétiques qui souhaitent se rapprocher. Au milieu de la décennie écoulée, à l’occasion de la précédente vague de regroupements au sein du secteur de l’énergie aux Etats-Unis, des opérations de taille ont échoué du fait de soucis réglementaires, comme l’union entre FPL et Constellation Energy ou entre Exelon et Public Service Enterprise. Duke était alors parvenu à conclure le rachat de Cinergy en 2006, pour 9 milliards de dollars.
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