Moneta AM s’inquiète du possible changement de statuts d’Altamir
Une nouvelle fois l’assemblée générale d’Altamir jeudi promet d’être mouvementée. Moneta AM, deuxième actionnaire de la société de private equity avec près de 10% du capital, poursuit son combat.
Altamir propose de modifier ses statuts, au nom de la réglementation AIFM, afin de permettre à la gérance de «déléguer ses pouvoirs en matière de gestion financière des actifs». Cette 16e résolution «est présentée comme purement technique. Pourtant elle risquerait de priver le conseil de surveillance de l’essentiel de ses pouvoirs légaux et statutaires. Elle n’est pas dans l’intérêt social d’Altamir», s’inquiète Romain Burnand, directeur général de Moneta AM.
Altamir précise que cette résolution ne sera soumise au vote que si l’exemption à AIFM lui est refusée. Or, selon plusieurs juristes, la demande d’exemption devrait être rejetée. «Sur les conseils de l’AMF, nous avons déposé un dossier d’exemption, au titre de holding financière à l’instar de Wendel ou d’Eurazeo, explique vendredi à L’Agefi Arthur Rozen, directeur financier d’Altamir. Pour l’heure, nous n’avons eu aucune réponse officielle. Sauf si nous obtenons l’exemption d’ici l’assemblée générale, la résolution 16 sera présentée au vote des actionnaires. Faute d’exemption, nous solliciterons alors dans un second temps l’agrément. Le coût du passage à AIFM serait alors pour nous d’environ 250.000 euros et ensuite un coût additionnel annuel de 150.000 euros». Moneta votera contre cette résolution, et ISS le recommande aussi. Proxinvest l’approuvera.
Avec cette modification, «Altamir s’éloignerait encore davantage de ce qui a été vendu aux actionnaires lors de son introduction en Bourse, poursuit Romain Burnand. Le prospectus prévoyait le versement de 90% du résultat en dividendes et le gérant annonçait un TRI de 15% pour les actionnaires. Au fil des années et de changements souvent présentés comme purement techniques, la structure est devenue complexe voire opaque. Ceci nuit à la valorisation boursière du titre».
En outre, Moneta s’opposera au renouvellement de quatre administrateurs, alors que Proxinvest les soutiendra. «Nous estimons que le conseil de surveillance d’Altamir ne remplit pas son rôle, ajoute Romain Burnand. Il ne nous parait pas défendre le point de vue des actionnaires face au gérant, Altamir Gérance, représentée par Maurice Tchénio».
Plus d'articles du même thème
-
Orange esquisse un consortium européen pour s’imposer dans le satellitaire face à Starlink
Christel Heydemann a apporté, mardi, des précisions sur l’alliance que prépare Orange avec Deutsche Telekom, Telefonica et Vodafone pour candidater ensemble à l’attribution de fréquences destinées aux services mobiles par satellite. Objectifs: s'assurer des revenus complémentaires, et contrer Starlink. -
La confiance des ménages français est en chute libre
Il faut remonter à 2013 pour trouver un indicateur aussi bas : les ménages sont de plus en plus pessimistes tant sur l’évolution de leur situation financière personnelle, que sur leur capacité d’épargne ou sur la hausse du chômage. Ils s’attendent également à un regain d’inflation. -
Le britannique Marsham IM trouve un partenaire pour se développer en France et Monaco
La société de gestion britannique Marsham Investment Management (Marsham IM) a fait du tierce-partie marketeur MyFunds Office son partenaire pour la distribution de ses fonds auprès d’investisseurs institutionnels et de banques privées en France et à Monaco.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
Quatre élèves sur dix victimes de violences sexuelles en CE2 : le rapport alarmant de l'Education nationale
Publiée par le service stastistique de l'Education nationale, cette étude inédite donne une idée de l'ampleur des violences subies par les enfants au sein même des établissements scolaires français -
La Fabrique de l'OpinionPour mieux gouverner, il faut placer l’économie au centre de l’action publique
« Le décalage entre efforts et résultats, c’est bien ceci que pointent les Français quand ils se plaignent simultanément d’un excès de prélèvements et d’un manque de services publics : un double déficit d’efficacité et d’efficience » -
Outre-Manche, une autre idée du luxe
Le maroquinier DeMellier qui affole les adeptes du quiet luxury ouvre sa première boutique à Londres. Une étape cruciale pour cette Maison britannique qui a fait de ses sacs, de leur fabrication européenne et d’un engagement solidaire durable, les piliers d’une réussite internationale.