Michelin défie la faiblesse persistante de ses marchés en Europe
Michelin est le contre-exemple parfait des difficultés de certains industriels français. Malgré un repli de 6,4% de ses volumes de ventes, Michelin a tiré parti l’an dernier de son positionnement sur des produits haut de gamme et les pneus de spécialité (génie civil, équipements agricoles, aviation, deux-roues). Attendue aux alentours de 500 millions d’euros par le consensus, la génération de cash-flow libre du groupe clermontois a finalement dépassé le milliard d’euros, en dépit d’investissements en hausse de 16,5% à près de 2 milliards.
L’écart provient surtout d’une variation de BFR «nettement plus favorable que prévu», relève Oddo Securities. Le courtier rappelle que l’évolution du BFR en 2011 «avait eu un impact très négatif sur le cash flow libre du fait du gonflement de la valeur des stocks notamment lié à la hausse du prix des matières premières». L’endettement net fin 2012 affiche un repli annuel de 42% à 1,05 milliard, d’où un ratio d’endettement sur capitaux propres historiquement bas de 12%, contre 22% un an auparavant. Le dividende proposé sera en hausse de 14,3% à 2,4 euro par action.
Si la hausse de 3,6% du chiffre d’affaires à 21,5 milliards repose sur un effet de change positif de 4,2%, la forte chute des marchés de remplacement en Europe dans les voitures et les poids lourds n’a pas empêché le pneumaticien d’améliorer de presque 2 points sa marge d’exploitation récurrente à 11,3%. Grâce à un contrôle accru sur les coûts, la rentabilité de la division automobile reste quasiment stable d’une année sur l’autre (9,3% contre 9,4%), celle des poids lourds passe de 3,5% à 6,5% et celle des activités de spécialité culmine à 26% contre 21,5% en 2011.
Pour l’exercice 2013 qui constituera une «année de transition» selon le président de Michelin Jean-Dominique Senard, le groupe reste prudent en tablant sur une stabilité des volumes et du résultat d’exploitation récurrent à 2,4 milliards. La baisse de 350 à 400 millions des coûts matières serait partiellement compensée par des baisses de prix liées aux clauses d’indexation sur les activités de première monte et de génie civil.
A l’horizon 2015, le groupe confirme son objectif d’un ROC de 2,9 milliards «sous réserve d’un retour d’une croissance annuelle des volumes comprise entre 4 et 5%». D’ici là, le cash-flow libre devrait rester positif chaque année et la rentabilité des capitaux employés supérieure à 10% (12,8% en 2012).
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