Michelin affiche sa volonté de conforter sa situation financière
Si beaucoup de groupes procèdent actuellement à des redistributions de liquidités pour remédier à leur excès de ressources, Michelin a fait le choix inverse. C’est bien pour financer la croissance que le manufacturier auvergnat vient d’annoncer une augmentation de capital de 1,2 milliard d’euros. Il ambitionne sur 2011-2015 d’augmenter ses investissements de 1,2 à 1,6 milliard d’euros par an. De quoi porter la croissance annuelle de son activité de 3-4% à une fourchette de 5-6% et atteindre plus de 2 milliards d’euros d’opérationnel en 2015 avec un ROCE de plus de 9%. La levée de fonds couvrira donc à elle seule 60% du surplus d’investissements.
En théorie, Michelin avait de quoi assurer cette enveloppe. Pour 2011 et 2012, le consensus prévoit en effet 1,76 et 1,99 milliard de capacité d’autofinancement (voir tableau). Mais Michelin a dans le même temps réaffirmé un autre objectif: maintenir un taux de distribution de 30%.
Dès lors, Michelin se serait exposé à voir son cash flow libre passer dans le rouge, avant même d’intégrer toute variation de BFR. Or, comme le rappelle le co-gérant Michel Rollier, «faire de la croissance nécessite un peu de BFR».
C’est donc en vue de ne pas accroître son endettement net que l’industriel a décidé de solliciter le marché d’actions. Alors qu’il n’envisage pas d’aller au-delà de 1,6 milliard d’euros d’investissements prévus, cette marge de manœuvre qu’il s’accorde lui permettra comme il l’indique lui-même de «conforter sa notation de crédit et sa capacité d’accès aux marchés de financements».
Il ajoute même vouloir «continuer à améliorer le gearing», selon le co-gérant Jean-Dominique Sénard. En juin, le gearing était de 53%, contre 55% en décembre et 75% en juin 2009.
Plus d'articles du même thème
-
TotalEnergies pourrait doublement profiter de la guerre au Moyen-Orient
Le PDG du pétrolier, Patrick Pouyanné, s’attend à ce que le prix du baril demeure durablement élevé en raison de cette crise qui devrait en outre inciter les Etats à renforcer leurs capacités en matière d'énergies renouvelables. Un domaine où le groupe français est également actif, contrairement à la plupart de ses pairs. -
Le Crédit Mutuel vante la banque à réseau pour concéder l'inévitable passage au digital
A Strasbourg, l'assemblée générale annuelle de la fédération du Crédit Mutuel Centre Est Europe, le navire amiral du groupe, est une grand-messe destinée à mobiliser les élus et les salariés. Le digital, l'IA et la concurrence des néobanques ont émaillé tous les discours. -
Les spécialistes des taux actent le resserrement monétaire
Les panélistes interrogés par L’Agefi anticipent dorénavant deux hausses de taux de la Banque centrale européenne (BCE), et potentiellement une pour la Banque d’Angleterre (BoE). Ils confirment également que la Fed ne devrait plus baisser les siens, ce qui fait remonter les taux longs.
ETF à la Une
La Bourse de Corée lance des ETF à levier sur Samsung et SK Hynix
- LCL détaille les promesses de son plan stratégique sans parvenir à emballer
- BP renvoie son président pour des «manquements inacceptables»
- Avec Redion, Generali crée un géant de l’assistance et des avantages aux salariés
- BNP Paribas et Mistral repartent pour un tour et vantent leur proximité
- Le corpus réglementaire de lutte contre le blanchiment change le paradigme des institutions financières
Contenu de nos partenaires
-
Stress test« Poutine joue la surenchère » : la Russie maintient sa stratégie de la tension aux frontières de l’Europe
En Roumanie, dans les pays baltes ou en Finlande, des incidents impliquant des drones se sont poursuivis ces dernières semaines -
Choix publicsPermanence, rémanence, émergence : la grille oubliée de l’action publique – et ses illusions
La puissance publique a échoué, non parce que le monde actuel serait ingouvernable, mais parce qu'elle continue à vouloir administrer plutôt qu'accompagner et s’obstine à croire qu'une société complexe peut être dirigée comme une organisation hiérarchique -
Anniversaire du PlanClément Beaune : « Je rêve d’une troisième voie entre un autoritarisme vertical et un libéralisme débridé »
A la tête de l'organisme parfois critiqué pour son manque d'utilité, Clément Beaune propose de revenir aux « lois de plan » pour fixer les grandes orientations du pays, au-delà des sujets de très court terme