MédiPôle préfère un rapprochement avec Elsan
Alors que MédiPôle Partenaires prévoyait de secoter sur la Place parisienne avant la fin de l’année, il y renonce au profit d’un rapprochement avec Elsan, né de la fusion des groupes Vedici et Vitalia en novembre 2015. Une nouvelle étape dans le mouvement de concentration du secteur de l’hospitalisation privée en France. Face aux contraintes tarifaires et aux nécessaires innovations technologiques, les acteurs de la santé recherchent des gains d’efficience à travers cette concentration.
Le nouvel ensemble deviendrait le leader français du secteur aux côtés de Ramsay Générale de Santé, le dépassant même avec 98 cliniques médicales, chirurgicales ou obstétricales (MCO) sur ses 123 établissements, soit environ 15 à 20% du marché français. L’Autorité de la concurrence devra se prononcer sur ce rapprochement. Toutefois, les deux partenaires sont confiants en raison de la complémentarité géographique de leurs réseaux. MédiPôle Partenaires est notamment numéro un en Occitanie. Ils comptent ensuite encore renforcer ce maillage territorial.
Actuellement, Elsan se revendique le deuxième groupe d’hospitalisation privée en France avec 80 établissements (10.900 lits et places), dont 65 MCO, pour un chiffre d’affaires de 1,2 milliard d’euros. Pour sa part, MédiPôle Partenaires exploite 45 établissements (6.600 lits et places), dont 35 MCO, pour un chiffre d’affaires de 866 millions d’euros en 2015.
Si Elsan se refuse à donner davantage de détails financiers, MédiPôle est obligé de faire preuve de plus de transparence, pour satisfaire ses porteurs obligataires. Ce dernier affichait l’an dernier une marge d’Ebitda de 14,3%. Dans le cadre de son projet d’introduction en Bourse, MédiPôle avait précisé le mois dernier qu’il visait pour 2016 un chiffre d’affaires de 895 millions d’euros pour une marge d’Ebitda de 13,7%. Si MédiPôle affiche un ratio de levier de 5,5 fois (il espérait tomber à 3 fois fin 2016 grâce à l’augmentation de capital de 400 millions d’euros prévue dans le cadre de la cotation), Elsan, qui n’a pas de dette obligataire, assure qu’il a le taux d’endettement le plus faible du secteur.
Elsan est détenu à 75% par CVC Capital Partners et à 25% par ses dirigeants fondateurs et par une centaine de collaborateurs du groupe. Pour sa part, MédiPôle est contrôlé à plus de 50% par Bridgepoint, avec Bpifrance comme minoritaire de référence après son investissement de 95 millions d’euros en août dernier.
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Paris - Alors qu’il fourbit ses armes en vue de la présidentielle, Edouard Philippe fait désormais l’objet d’une enquête menée par un juge d’instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d’intérêt et concussion au Havre, ville dont il est maire. Une lanceuse d’alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025 avec constitution de partie civile. Sollicité par l’AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d’instruction et de lui désigner un périmètre d’enquête. La lanceuse d’alerte, «Judith» (prénom modifié), «se félicite de l’ouverture d’une information judiciaire sur les faits qu’elle dénonce et attend avec impatience d'être entendue par le juge d’instruction», a réagi auprès de l’AFP son avocat Jérôme Karsenti. Les faits sont contestés depuis le début par l’ex-Premier ministre et actuel maire Horizons du Havre, dans les starting blocks pour la présidentielle. Edouard Philippe «prend acte de l’ouverture d’une information judiciaire. Il l’apprend par la presse. Et il répondra bien évidemment à toutes les questions que posera la justice comme il l’a toujours fait de façon très sereine», a réagi auprès de l’AFP son entourage dans la Communauté urbaine Le Havre Seine Métropole. Contacté par l’AFP, son avocat Emmanuel Marsigny n’a pas souhaité faire de commentaire. Contrat pas renouvelé Etaient également visées par la plainte Stéphanie de Bazelaire, adjointe chargée de l’innovation et du numérique, ainsi que Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine havraise. La plainte consultée par l’AFP estimait que le juge d’instruction devait «apprécier si un pacte a été conclu entre M. Edouard Philippe et Mme de Bazelaire, caractérisé notamment par un soutien politique, financier et relationnel en contrepartie de la gestion de la Cité numérique», un tiers-lieu d’innovation. Après ses alertes, la haute fonctionnaire s'était plainte d’avoir été écartée et harcelée moralement. Son contrat n’a pas été renouvelé. Les soupçons portent sur une convention d’objectifs pluriannuelle pour l’animation de la Cité numérique du Havre, signée en juillet 2020 notamment par Edouard Philippe, président de la communauté urbaine, et Stéphanie de Bazelaire, en tant cette fois que présidente bénévole de l’association LH French Tech. LH French Tech, créée en juillet 2020, a été désignée pour cette mission après un appel à manifestation d’intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020 et dans le cadre d’un service d’intérêt économique général (SIEG). L’association, seule candidate, devait toucher 2,154 millions d’euros de compensation de service public pour mener des projets. Le conflit d’intérêts «semble absolument évident», a considéré à l'époque la lanceuse d’alerte, directrice générale adjointe à la communauté urbaine de septembre 2020 à avril 2023. «Opacité» «C’est le maire et son adjointe» qui, en tant que présidente de l’association, allaient «avoir la main sur des sommes considérables» pour «des activités qui peuvent concerner ses fonctions à la ville», soulignait-elle. Sur le moment, elle s'était étonnée qu’Edouard Philippe, conseiller d’Etat, n’ait pas suspecté d’irrégularités. Elle assure avoir découvert plus tard que les services juridiques avaient alerté en vain sur un possible favoritisme. Cette haute fonctionnaire avait obtenu le statut de lanceuse d’alerte en janvier 2025, contesté par Edouard Philippe. A la communauté urbaine, la Cité numérique fut «tout de suite» désignée à la lanceuse d’alerte «comme un dossier principal», relatait-elle. Mais «dès les premiers mois», elle a constaté «une opacité dans la gestion de l’association» et ne comprenait pas son activité. Elle racontait qu’on lui avait fourni «des réponses très vagues sur les dépenses, la trajectoire financière», lui reprochant «des velléités d’ingérence». Fin 2021, obtenant finalement des chiffres, elle affirmait découvrir le «très faible niveau d’activité» de la Cité numérique mais surtout «la masse salariale» composée «de jeunes salariés» qui faisaient «un peu tout» pour «des salaires bruts au-delà de 60 voire 70.000" euros. L’association sera placée en liquidation judiciaire en 2023. Philippe GRELARD et Céline CORNU © Agence France-Presse