Maurel & Prom allonge la maturité de sa dette

Le pétrolier vient de refinancer facilement le rachat de ses Oceane 2014 par l’émission d’Ornane pour un maximum de 253 millions d’euros
Bruno de Roulhac

Maurel & Prom vient d’émettre vendredi dernier des obligations à option de remboursement en numéraire et/ou en actions nouvelles et/ou existantes (Ornane) d’échéance 1er juillet 2019 pour un montant initial de 220 millions d’euros. Ce montant pourrait être porté au maximum à 253 millions dans le cadre de l’exercice de l’option de surallocation, qui devrait être exercée au regard de l’appétit pour l’émission.

En effet, ces obligations portent un intérêt annuel de 1,625%, dans le bas de la fourchette indicative de 1,625% à 2,375%, avec une prime d’émission de 40%, pour une fourchette prévisionnelle de 33% à 40%, soit une valeur nominale de 17,26 euros. Pacifico et la Macif, les deux principaux actionnaires du pétrolier, avec respectivement 23,7% et 6,8% du capital avaient fait part de leur intention de ne pas souscrire à cette opération.

Cette émission permettra de refinancer les 297 millions d’euros d’Oceane 2014, venant à échéance le 31 juillet prochain. Parallèlement à l’émission d’Ornane, Maurel & Prom a proposé de racheter les Oceane 2014 restant en circulation dans le cadre d’une procédure de construction d’un livre d’ordres inversé. Dans le cadre du «reverse bookbuilding», la société a offert 16,90 euros coupon inclus par obligation. L’opération ayant réuni 84% des Oceane initialement émises, la société lancera une procédure de désintéressement au même prix, du 13 au 19 juin inclus, pour les 3 millions d’Oceane toujours en circulation.

L’émission d’Ornane entraînera une dilution théorique de 12,06% du capital actuel et de 10,37% sur une base diluée après amortissement de toutes les Oceane 2014 en circulation. En cas d’exercice du droit d’attribution d’actions, les actions nouvelles qui pourraient être émises ne pèseront pas plus de 9,99% du capital social.

Les deux opérations sont dirigées par Natixis, avec BNP Paribas et Crédit Agricole CIB.

Le renouvellement en février dernier de licences au Gabon pour 20 ans, voire 20 années supplémentaires «donne de la visibilité à la société pour développer sa stratégie opportuniste, qui pourrait déboucher sur son adossement à une plus grosse structure, note Natixis. Le rendement du cash flow libre proche de 15% en 2015 est un facteur de soutien. Nous considérons toujours que le titre offre un attrait spéculatif. Le type de refinancement non dilutif annoncé [vendredi] va dans ce sens».

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