Mary Barra veut faire de General Motors un modèle en termes de qualité
Nous devons établir un nouveau standard de qualité et de sécurité», a clamé hier la directrice générale de General Motors, Mary Barra, à l’occasion de la présentation d’un rapport interne concernant un souci majeur de système d’allumage ayant entraîné cette année le rappel de 2,6 millions de véhicules et le décès d’au moins treize personnes. Exercice délicat pour la patronne du constructeur automobile américain, mêlant mise au jour de fautes inacceptables, promesse d’excellence et présentation d’excuses (accompagnée de l’annonce de la création d’un fonds d’indemnisation).
L’enquête interne, menée par le responsable des affaires juridiques et ancien procureur Anton Valukas, écarte selon Mary Barra toute volonté délibérée de l’entreprise de masquer les faits, et rejette la faute au niveau d’un certain nombre d’individus ayant fait preuve «d’incompétence et de négligence» et dont quinze ont été licenciés (cinq autres ayant subi des sanctions disciplinaires). L’enquête, qui devait certes montrer pourquoi il avait fallu plus de dix ans au constructeur pour consentir le rappel massif (de véhicules produits entre 2003 et 2011), a conclu que la direction générale ou le conseil d’administration n’ont pas eu connaissance du problème avant le mois de décembre dernier. En outre, le document indique qu’«aucun élément ne tend à prouver que des salariés ont fait un choix entre les coûts et la sécurité».
Déjà, le coût du manque de qualité des véhicules s’avère élevé pour GM, qui inscrira une provision de 1,7 milliard de dollars dans ses comptes du premier semestre et qui a écopé d’une amende civile de 35 millions (ce montant maximum dans ces procédures, déjà doublé en 2012, pourrait passer à 200 millions selon un projet de loi préliminaire). Le groupe reste en outre sous le coup de poursuites du département de la Justice et de la SEC.
GM n’est pourtant pas seul concerné, le taux annuel de rappel des véhicules aux Etats-Unis (volume rappelé rapporté aux ventes) s’établissant selon Exane BNP Paribas à 120% sur les dix dernières années (contre 59% en Europe). 2014 s’annonce déjà selon le courtier comme un exercice record en termes de coût de rappels outre-Atlantique, les constructeurs pâtissant qui plus est d’une capacité limitée à faire supporter ce fardeau par ricochet à leurs équipementiers ou à leurs clients. Exane souligne que le Congrès entend bien renforcer l’arsenal du régulateur.
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