Mail.ru profite de l’engouement retrouvé pour la sphère internet
Avec un ratio de 18 fois l’Ebitda, la transaction récente sur Leboncoin.fr avait fait beaucoup parler (L’Agefi du 23 septembre 2010). D’autant qu’elle s’inscrivait dans une tendance à l’inflation des valorisations internet comme en témoigne par ailleurs le bras de fer engagé sur le contrôle de SeLoger.com (valorisé 15 fois son Ebitda à l’objectif du consensus).
Pourtant, ces chiffres semblent bien modestes au regard de ce qui peut se faire à l’étranger. Profitant de cet intérêt retrouvé pour le secteur, le russe Mail.ru est en train de s’introduire à Londres sur des multiples véritablement stratosphériques.
Leader de l’internet en russe avec des sites communautaires, des messageries instantanées, des jeux en ligne et des services mail, Mail.ru vient de fixer le prix de son IPO entre 23,7 et 27,7 dollars l’action. Sachant qu’il compte placer 31,6 millions d’actions (dont 3 millions de titres nouveaux) sous forme de GDR (global depositary receipts) et offrir un flottant de 16%, l’opération revient à valoriser le groupe «entre 4,86 milliards et 5,71 milliards de dollars après émission», selon son propre communiqué.
Dans l’absolu, cette fourchette a peu de signification. Mais elle prend toute sa mesure si on la rapporte aux résultats 2009 de son principal actif, le portail Mail.ru. Son Ebitda n’a pas dépassé 55 millions de dollars et devrait avoisiner les 75 millions cette année. Le journal russe Kommersant a par ailleurs estimé à quelque 20 millions l’Ebitda de ses deux autres principaux sites (Odnoklassniki et Vkontakte). Bref, en consolidé, ses actifs russes devraient lui rapporter une centaine de millions d’euros d’Ebitda cette année. Ce qui fait ressortir, comme l’a déjà estimé le bureau russe Uralsib, une valeur d’entreprise de 46,7 à 54,5 fois l’Ebitda 2010. «C’est bien plus élevé que la plupart des comparables internationaux, excepté les chinois», selon Uralsib.
Ceci dit, les investisseurs semblent tentés. Bloomberg rapportait hier de source proche que l’opération était déjà couverte. On peut y voir la conséquence d’un effet rareté sur ce type d’actifs russes ainsi que l’espoir d’une croissance forte. PwC attend un triplement de la publicité en ligne en Russie d’ici à 2014. Les investisseurs peuvent être aussi séduits par les positions prises par Mail.ru, dont 2,4% de Facebook et 1,4% de Zynga. Le prix définitif devrait être fixé le 8 novembre.
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