LVMH se renforce sur le segment de l’ultra-luxe avec le rachat de Loro Piana

Le groupe français reprend 80% de la griffe italienne, spécialisée dans le cachemire et les laines rares, pour 2 milliards d’euros environ
La Rédaction

Presque 90 ans après sa naissance, la maison italienne Loro Piana, spécialisée dans le cachemire et les laines rares, intègre le giron de LVMH. Sur la base d’une valeur d’entreprise de 2,7 milliards d’euros dette nette incluse, le groupe de Bernard Arnault s’offre 80% du capital de la société basée à Quarona. Pour mettre la main sur cette pépite dans l’univers de l’ultra-luxe, le segment le plus dynamique selon Bain, LVMH consent à payer 3,8 fois le chiffre d’affaires estimé pour 2013.

Loro Piana, qui mise sur l’intérêt des clients venus des pays émergents pour ses produits fabriqués en Italie, anticipe pour cette année une marge avant impôts, intérêt et amortissement (Ebitda) de plus de 20%. Les deux frères à la tête de la griffe italienne, Sergio et Pier Luigi Loro Piana, conserveront le solde du capital.

Les discussions entre Sergio et Pier Luigi Loro Piana et Bernard Arnault n’auront duré qu’un mois, ont précisé les héritiers du fondateur dans un entretien croisé avec le patron de LVMH accordé au Figaro. LVMH espère étendre son offre dans la maroquinerie, les accessoires et les vêtements pour homme et profiter de l’intégration verticale de Loro Piana, qui a acquis en mai 60% de la société argentine Sanin, assurant ainsi son approvisionnement en laine de vigogne, très douce et très rare.

La société, qui réalise les deux tiers de ses ventes dans les produits de luxe et le reste dans les textiles, a amélioré son bénéfice d’exploitation (Ebit) de 58,3% entre 2009 et 2012, a souligné LVMH dans sa présentation. Le groupe français, qui avait déjà acquis le joaillier italien Bulgari en 2011, achète avec Loro Piana un nouveau relais de croissance, après avoir accusé au premier trimestre une nette décélération des ventes de sa marque phare Louis Vuitton, la plus rentable du groupe.

LVMH répond également à son rival PPR, propriétaire des marques italiennes Gucci et Bottega Veneta, qui a dévoilé en avril l’acquisition du joaillier transalpin Pomellato. Le marché du luxe continuera à se consolider alors que les investisseurs financiers entendent profiter de la demande croissante dans les économies émergentes et que les grands acteurs du luxe cherchent à réaliser des économies d'échelle, note la recherche de Sanford Bernstein.

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