LVMH franchit le seuil de 20 % du capital d’Hermès
Un cadeau de Noël empoisonné pour Hermès! LVMH a annoncé hier soir avoir franchi le seuil de 20% du capital du sellier du faubourg-Saint-Honoré. Jusqu’alors le groupe présidé par Bernard Arnault avait déclaré fin octobre détenir 17,1% du capital et envisager de poursuivre ses achats d’actions, selon la formule des déclarations d’intention exigées par l’AMF. Dès cette époque, des sources proches du dossier confiaient à L’Agefi que LVMH voulait atteindre le seuil des 20% afin de consolider sa participation par mise en équivalence.
Un porte-parole de LVMH s’est contenté d’évoquer «une opportunité de marché». Malgré la faiblesse du flottant, qui se réduit désormais à moins de 7% du capital, les volumes sur le titre restaient encore soutenus ces dernières semaines. Notamment vendredi dernier avec plus de 400.000 actions échangées, liées aux reclassements de titres par les gérants indiciels. L’action qui était retombée autour de 136 euros fin novembre, après avoir atteint un sommet de 207,75 euros le 25 octobre dernier, clôturait hier au-delà de 156 euros. Pour sa part, Hermès s’est refusé à tout commentaire.
Selon la déclaration faite auprès de l’AMF, LVMH précise détenir 12,73% des droits de vote, et également un contrat d’equity swap portant sur l’équivalent de 204.506 actions Hermès (soit 0,2% du capital) avec dénouement exclusivement en espèces à partir du 4 avril 2014. L’expérience a montré qu’un avenant pouvait toujours transformer ce dénouement d’espèces en titres. Par ailleurs, LVMH réitère sa déclaration d’intention du mois d’octobre et envisage de poursuivre ses achats d’actions.
Les 3,3 millions de titres supplémentaires acquis par LVMH ont pu l’être sur le marché aussi bien qu’auprès des actionnaires familiaux. C’est en effet toujours là que le bât blesse. Au début du mois, les membres de la famille Hermès «ont réaffirmé leur unité et leur confiance » et ont décidé de créer une holding familiale détenant plus de 50% du capital d’Hermès. Pourtant, «sur 73 membres familiaux, seuls 41 étaient présents lors la réunion de famille du 3 décembre, signe de l’existence d’un courant vendeur au sein de la famille», confiait récemment à L’Agefi un proche du dossier. Quant à la création de cette holding, elle reste soumise à l’obtention d’une dérogation à l’obligation de déposer une offre publique. Cette décision est entre les mains de l’AMF.
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