LVMH étanche sa soif de croissance en mettant la main sur Bulgari

Des sources concordantes évoquent l’annonce aujourd’hui d’un accord d’échange de titres portant sur 51% du capital du groupe italien
Benoît Menou

LVMH met les bouchées doubles pour tirer parti du dynamisme du secteur du luxe en faisant à nouveau preuve d’un insatiable désir de croissance externe. Le Financial Times et le Wall Street Journal assurent ainsi de sources proches que le numéro un mondial du luxe devrait annoncer dès aujourd’hui la signature d’un accord lui permettant de prendre le contrôle de Bulgari par le biais de la signature d’un accord avec la famille fondatrice du joaillier italien. Le mode opératoire diverge bien du bras de fer engagé avec Hermès.

La famille cèderait les 51% qu’elle détient au capital de Bulgari en échange de titres LVMH. Elle serait appelée à siéger au conseil d’administration du groupe français et certains de ses membres, parmi lesquels le directeur général de Bulgari depuis 1984, Francesco Trapani, pourraient être nommés à des fonctions importantes au sein de LVMH. Les frères Paolo et Nicola Bulgari détiennent chacun 23% environ du capital. Le Financial Times croit savoir que les membres de la famille ont fait preuve d’unité pour choisir le chemin à suivre.

Surtout, le quotidien britannique assure, citant une source anonyme proche des négociations, que l’accord d’échange prévoit d’accorder à la famille Bulgari une prime «substantielle» par rapport à un cours de clôture vendredi soir dernier qui valorisait Bulgari à la Bourse de Milan à quelque 2,3 milliards d’euros. Une offre visant les minoritaires devrait également être lancée aujourd’hui même.

Bulgari semble accompagner activement le rebond du secteur du luxe. Le groupe italien a publié une progression de 21% de son chiffre d’affaires au quatrième trimestre 2010 (à 358 millions d’euros), portant ses ventes annuelles à plus d’un milliard d’euros. Les résultats annuels sont attendus ce vendredi, le 11 mars. L’Asie est une source particulière d’espoirs, au sein de marchés émergents prometteurs, avec le Japon fin 2010 et la Chine pour l’année en cours. Bulgari permettra à LVMH de renforcer sa présence dans les montres (un cinquième des ventes du groupe italien), le plus dynamique des pôles du groupe français l’an dernier.

Bernard Arnault n’a d’ailleurs pas fait mystère au cours de la dernière décennie, comme le souligne le Financial Times, de son intérêt pour Bulgari. Le quotidien rappelle que le groupe italien est considéré comme l’un des derniers groupes familiaux de qualité dans le luxe susceptible de faire l’objet d’une offre de reprise.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...