Louis Dreyfus Commodities lève 350 millions de dollars sans diluer le holding familial
Annoncé depuis des mois, le tout premier appel au marché de Louis Dreyfus Commodities est arrivé. Créé il y a 160 ans, le courtier en matières premières agricoles a placé pour 350 millions de dollars d’obligations perpétuelles subordonnées. «Il est peu fréquent de procéder à une émission inaugurale par de la dette hybride. Mais le travail réalisé en amont pour présenter la société a permis d’obtenir un bon accueil des investisseurs», explique Paul Santucci, managing director chez HSBC, l’une des trois banques, avec Citigroup et Credit Suisse à avoir travaillé sur l’émission.
Plusieurs réunions ont été organisées mi-juin en Asie et en Suisse afin de présenter le courtier qui ne bénéficie d’aucune notation. La très bonne configuration du marché obligataire fin août a contribué à sa réussite. «L'émission a été trois fois sursouscrite, avec 60% d’investisseurs asiatiques, 31% suisses et 9% britanniques», précise Paul Santucci, essentiellement auprès de banques privées.
Soucieux de conserver le caractère privé de la société et sa détention par le holding de la famille Louis Dreyfus, le groupe a opté pour la solution de l’obligation perpétuelle subordonnée. «L’opération a été structurée pour que d’un point de vue comptable elle soit intégralement considérée comme des fonds propres», explique Paul Santucci, sans que cela ne vienne diluer les actionnaires historiques qui ont officiellement renoncé cette année à entrer en Bourse. Proposé à 8,5%, le coupon a finalement été fixé à 8,25%. L’emprunt est remboursable en année 5 puis en année 10 avec une clause de «step-up». Le paiement des intérêts peut être suspendu, lesquels seraient alors cumulatifs. En revanche, en cas de paiement par la société d’un dividende, elle serait contrainte de verser un coupon aux obligataires. Les obligations sont cotées à Singapour.
Cette émission doit contribuer au financement des investissements. Le courtier prévoit d’engager au cours des cinq prochaines années une enveloppe de 7 milliards de dollars, par rapport aux 4,9 milliards dépensés pendant la période 2006-2011. En 2011, Louis Dreyfus Commodities a vu son chiffre d’affaires progresser de 29% à 59,6 milliards de dollars, tandis que son bénéfice net a reculé de 30% à 735 millions, affecté par la faiblesse des bénéfices dans le sucre.
Plus d'articles du même thème
-
L’Af2i a remis ses prix académiques pour des recherches publiées en 2025
La commission Recherche de l’Association française des investisseurs institutionnels a distingué trois chercheurs pour des travaux qui portent cette année sur des sujets de durabilité. -
Mubadala rassure les gestionnaires d’actifs américains
Mubadala, le fonds souverain d’Abou Dabi, a réaffirmé son engagement à investir aux États-Unis à l’occasion d’une conférence mondiale organisée par le Milken Institute. -
LD Pensions recherche un gérant actions européennes
Le danois LD Pensions a lancé un appel d’offres pour la gestion de ses investissements en actions européennes.
ETF à la Une
La collecte a repris sur le marché européen des ETF en avril
- Un nouveau vent de fronde souffle sur les certificats d’investissement du Crédit Agricole
- La Société Générale tient bon grâce à la banque de détail
- La banque de détail porte les résultats du Crédit Agricole au premier trimestre
- La Société Générale affiche un résultat net trimestriel de 1,7 milliard d'euros
- Le gendarme de l'assurance suspend le courtier Jacques Pilliot
Contenu de nos partenaires
-
Le poids des motsEn s'attaquant à l'« assistanat », Marine Le Pen lisse ses divergences avec Jordan Bardella
En élargissant sa critique de « l’assistanat », marqueur longtemps verrouillé de son discours, Marine Le Pen amorce une redéfinition de son image politique à l’approche de 2027. Un ajustement qui réduit aussi le contraste grandissant avec Jordan Bardella -
Tête baissée« Projet Liberté » de Donald Trump : les risques du passage en force du détroit d'Ormuz
Les escortes américaines de navires commerciaux dans le passage stratégique pourraient bien les exposer encore plus aux tirs des Iraniens -
RadioscopieAudiovisuel public : mauvais rapport, bonnes questions
Aussi contestée soit-elle, la croisade menée par le rapporteur UDR de la commission d’enquête, Charles Alloncle, aura eu un mérite : mettre fin à l’immunité dont jouissaient France Télévisions et Radio France