Louis Dreyfus Commodities lève 350 millions de dollars sans diluer le holding familial

Le courtier en matières premières agricoles, qui a renoncé à entrer en Bourse, a placé des obligations perpétuelles suborbonnées
Olivier Pinaud

Annoncé depuis des mois, le tout premier appel au marché de Louis Dreyfus Commodities est arrivé. Créé il y a 160 ans, le courtier en matières premières agricoles a placé pour 350 millions de dollars d’obligations perpétuelles subordonnées. «Il est peu fréquent de procéder à une émission inaugurale par de la dette hybride. Mais le travail réalisé en amont pour présenter la société a permis d’obtenir un bon accueil des investisseurs», explique Paul Santucci, managing director chez HSBC, l’une des trois banques, avec Citigroup et Credit Suisse à avoir travaillé sur l’émission.

Plusieurs réunions ont été organisées mi-juin en Asie et en Suisse afin de présenter le courtier qui ne bénéficie d’aucune notation. La très bonne configuration du marché obligataire fin août a contribué à sa réussite. «L'émission a été trois fois sursouscrite, avec 60% d’investisseurs asiatiques, 31% suisses et 9% britanniques», précise Paul Santucci, essentiellement auprès de banques privées.

Soucieux de conserver le caractère privé de la société et sa détention par le holding de la famille Louis Dreyfus, le groupe a opté pour la solution de l’obligation perpétuelle subordonnée. «L’opération a été structurée pour que d’un point de vue comptable elle soit intégralement considérée comme des fonds propres», explique Paul Santucci, sans que cela ne vienne diluer les actionnaires historiques qui ont officiellement renoncé cette année à entrer en Bourse. Proposé à 8,5%, le coupon a finalement été fixé à 8,25%. L’emprunt est remboursable en année 5 puis en année 10 avec une clause de «step-up». Le paiement des intérêts peut être suspendu, lesquels seraient alors cumulatifs. En revanche, en cas de paiement par la société d’un dividende, elle serait contrainte de verser un coupon aux obligataires. Les obligations sont cotées à Singapour.

Cette émission doit contribuer au financement des investissements. Le courtier prévoit d’engager au cours des cinq prochaines années une enveloppe de 7 milliards de dollars, par rapport aux 4,9 milliards dépensés pendant la période 2006-2011. En 2011, Louis Dreyfus Commodities a vu son chiffre d’affaires progresser de 29% à 59,6 milliards de dollars, tandis que son bénéfice net a reculé de 30% à 735 millions, affecté par la faiblesse des bénéfices dans le sucre.

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