Londres veut créer un régime fiscal accommodant pour d’exploration du gaz de schiste

Le chancelier de l’Echiquier a proposé une taxe de 30% sur les revenus issus de la production de gaz de schiste, comparée à 62% sur l’extraction de gaz conventionnel
Stéphanie Salti, à Londres

Alors que l’Etat français continue à s’opposer vigoureusement à toute exploration du gaz de schiste, Londres assume complètement son soutien au développement de cette ressource énergétique. Fidèle aux promesses dévoilées lors de la présentation du Budget en mars dernier, le chancelier de l’Echiquier britannique George Osborne a détaillé vendredi dernier des mesures de soutien aux industriels et aux communautés locales.

Les revenus issus de la production de gaz de schiste seront ainsi imposés à hauteur de 30% soit deux fois moins que le taux imposé aux énergies traditionnelles – pétrole et gaz naturel conventionnels (62%). «Le gaz de schiste est une ressource dotée d’un énorme potentiel pour élargir le mix énergétique du Royaume-Uni» a souligné le chancelier, «ce nouveau régime fiscal, que je souhaite le plus généreux pour le gaz le schiste dans le monde, va contribuer à cela».

L’exploitation du gaz de schiste pourrait aussi permettre la création de milliers d’emplois et la réduction de la facture énergétique pour les foyers britanniques, selon le chancelier qui souhaite répliquer le succès des Etats-Unis dans ce domaine.

Plus généralement, Londres veut aussi compenser la diminution des ressources de gaz et de pétrole en mer du Nord et réduire sa dépendance aux exportations. D’autant que le sol britannique regorgerait de cette ressource énergétique: une étude récente signée par le British Geological Survey indiquait que le Nord de l’Angleterre contenait deux fois plus de ressources en gaz de schiste que les estimations faites jusqu’alors sur l’ensemble du territoire britannique. De quoi répondre aux demandes pendant près de cinq décennies!

En décembre dernier, Londres avait déjà procédé à la levée du moratoire sur l’utilisation de la technique controversée de la fracturation hydraulique. Ce procédé, qui permet d’extraire du gaz en injectant sous très haute pression de l’eau et des produits chimiques qui fissurent la roche, se heurte aux fortes réserves des associations écologiques qui y voient une source de dangers sismiques et de pollution des eaux.

Afin de gagner le soutien des populations, Londres a également annoncé des avantages pour les communautés locales: les compagnies d’exploration ont promis de leur reverser 1% des revenus de production et 100.000 livres pour chaque puits creusé par fracturation.

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