Loin des flonflons du cinquantenaire
Loin des flonflons de Ludwigsburg et des célébrations du 50e anniversaire du Traité de l’Elysée, la réalité de la relation franco-allemande apparaît sous un jour gris. Deux événements récents soulignent sans fard les rides du vieux couple dont l’un des membres croit devoir s’affirmer plus égal que l’autre. Voici quelques jours, le ministre des Finances Wolfgang Schäuble signait avec ses collègues néerlandais et finlandais un texte excluant les «actifs hérités du passé» du bénéfice du Mécanisme européen de stabilité. Un coup de canif au contrat pourtant tout frais passé avec ses partenaires le 29 juin, dont Paris n’avait pas été averti. Hier, c’est par un simple coup de fil que la Chancelière Merkel a informé le président français de son refus d’avaliser le rapprochement entre EADS et BAE, sans autre justification. La seule condition mise par l’Allemagne, être traitée dans les mêmes conditions que la France, avait pourtant été acceptée par ses deux partenaires. Mais il est clair que ce projet était perçu à Berlin comme franco-britannique. Paris et Londres, très proches en matière de défense, pouvaient en espérer l’essentiel des retombées industrielles, au travers de la localisation des sièges, mais aussi politiques. Passer d’un jeu à deux avec la France, qu’elle domine pour le moment, à un jeu à trois avec la Grande Bretagne est exclu. Le message est clair. Il n’est pas revigorant pour l’Europe qui manque si cruellement de projets fédérateurs.
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