L’OCDE veut donner plus de pouvoirs aux Etats pour taxer les Gafa
L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a proposé mercredi une réforme en profondeur de la fiscalité transfrontalière, qui devrait donner aux Etats davantage de marges de manoeuvre pour taxer les grandes entreprises internationales, notamment les géants du numérique comme Google ou Facebook (Gafa). Ces nouvelles règles s’appliqueraient aux entreprises disposant d’un chiffre d’affaires supérieur à 750 millions d’euros et ayant une interaction «durable et importante» auprès du grand public dans un pays donné, qu’elles aient ou non une présence physique sur son territoire. Les entreprises remplissant ces conditions pourraient être soumises à un impôt dont le taux serait basé sur les bénéfices.
L’essor des géants du numérique a exposé les limites du système actuel, ces entreprises étant en mesure de comptabiliser leurs bénéfices et d’enregistrer leurs brevets et marques déposées dans des pays à la fiscalité la plus favorable, comme l’Irlande, quel que soit l’endroit où elles réalisent leur activité. En janvier, 134 pays et territoires se sont entendus sur la nécessité de réformer des règles fiscales instaurées pour l’essentiel dans les années 1920 et ont chargé l’OCDE de leur soumettre des propositions. En l’absence de consensus international, certains pays comme la France ont commencé à mettre en place leurs propres dispositifs pour taxer les géants du numérique.
«Le système actuel est sous tension et ne survivra pas si nous ne supprimons pas ces tensions», a déclaré à la presse Pascal Saint-Amans, responsable de la politique fiscale au sein de l’OCDE. Il estime que les propositions auraient un effet de quelques points de pourcentage sur le niveau de l’impôt sur les sociétés et qu’elles ne feraient pas beaucoup de grands perdants.
Plus d'articles du même thème
-
L'heure est aux investissements dans l'IA pour la fonction finance
L’année 2026 sonne l’heure du passage à l’échelle dans l'adoption de l'IA dans la finance, selon Xavier Niffle, associé chez KPMG France en charge de l'innovation et co-auteur d'une étude sur le sujet. -
BASF veut racheter son compatriote Evonik
Le géant allemand de la chimie a présenté une offre non engageante à son concurrent en vue d’une possible OPA. L’action Evonik en profite, celle de BASF se replie. -
Le coût de l'IA est en chute libre
Selon une étude de l’institut de recherche Epoch AI, le coût de l'intelligence artificielle a chuté de 47% par trimestre depuis 2023 pour un même niveau de performance.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- Le patron de BoursoBank prend du galon chez la Société Générale
- La Société Générale fait de BoursoBank sa figure de proue
- Emporté par le digital, Wakam fait une sortie de route
- Le scénario de vente de Cetelem en Espagne se précise
Contenu de nos partenaires
-
Crise des carburants : d'où vient le gazole que consomment les Français ?
Une éventuelle décision de Donald Trump de stopper les exportations américaines de pétrole raffiné fait craindre à la France, qui importe la moitié de son diesel, une flambée des prix qui pourrait atteindre 3,90 euros le litre -
Mystification« Le pacifisme dévoyé de Jean-Luc Mélenchon fait le jeu de Vladimir Poutine »
Sous couvert de prévenir toute escalade, le leader insoumis « s'accommoderait parfaitement d’une annexion de l’Ukraine et se place du côté de l’agresseur russe », analyse Philippe Marlière, politiste à l’Université de Londres et spécialiste des gauches -
Laïcité, GPA, fin de vie… Le discours offensif de Léon XIV face à Emmanuel Macron
Reçu à l'Elysée peu après son arrivée à Paris, vendredi matin, le pape a insisté dans sa première intervention sur plusieurs sujets clivants du débat public français.