L’OCDE pointe le besoin urgent de diversifier les financements aux PME
L’OCDE dresse un constat d’insuffisance dans le financement des entreprises de moins de 249 salariés. Dans la majorité des 34 pays sous revue, le crédit aux PME baisse depuis 2011, son expansion se rencontrant seulement dans les pays émergents. En France, la progression ralentit. Cette évolution est d’autant plus préoccupante qu’en parallèle les taux ont baissé et que les conditions de crédit se sont assouplies.
Certes, les économistes de l’Organisation reconnaissent la difficulté de distinguer ce qui, de la faiblesse de la demande ou de l’offre, explique la tendance mais ils relèvent des marges moins favorables pour les PME que les grandes entreprises, avec un différentiel de plus de 0,50% en France, 1% aux Etats-Unis, plus de 2% en Espagne… Côté fonds propres, les investissements en capital-risque n’ont pas retrouvé leurs niveaux de 2007, sauf aux Etats-Unis. Il en va de même pour les octrois de crédit-bail.
Pour la première fois et dans la perspective de Bâle 3, le rapport est complété par une étude sur les instruments de financement non bancaires à la disposition des PME. L’OCDE pointe l’urgence à réduire la trop forte dépendance des PME à l’égard des banques et de trouver dans le marché des relais aux soutiens des gouvernements, sous forme de garanties le plus souvent. Parmi les nouvelles solutions, les financements avec nantissement d’actifs - notamment l’affacturage - progressent et sont connus de 47% des PME. Mais, de même que pour les financements participatifs, les montants restent marginaux. Les financements de type mezzanine se répandent et, avec l’aide des garanties publiques, commencent à toucher des PME plus petites, pour des montants de moins de 2 millions d’euros.
La France joue un rôle pionnier dans la mise à l’essai de nouvelles approches, le rapport saluant aussi bien le capital-risque soutenu par Bpifrance qu’Enternext, le médiateur du crédit ou les nouvelles règles du financement participatif. Il soutient le projet d’élargir aux investisseurs, en plus des banques, l’accès à la base de cotation des risques Fiben, l’infrastructure d’informations représentant un enjeu clé.
Mais les auteurs préconisent aussi, dans tous les pays, de mettre davantage l’accent du côté de la demande, en plus de l’offre de financement: les dirigeants de PME doivent apprendre à développer une vision stratégique de leurs besoins de financement et améliorer leur connaissance des nouveaux instruments.
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