L’Italie ouvre grand les portes de ses entreprises au Qatar
Incontournable Qatar. Très présent en France via ses investissements au capital de Vinci, de Veolia, de Total ou de Lagardère, l’émirat vise aujourd’hui les entreprises italiennes. Mais si dans l’Hexagone, ses investissements ont été réalisés au coup par coup, le fonds souverain qatari adopte cette fois une stratégie planifiée avec l’Etat italien et concrétisée hier par une visite dans l’émirat de Mario Monti, le président du Conseil.
Les deux pays vont créer un véhicule détenu à parité par leurs fonds souverains respectifs, Fondo Strategico Italiano et Qatar Holding. «IQ Made in Italy Venture» sera doté à terme de 2 milliards d’euros de ressources apportés à parts égales par les deux partenaires au cours des quatre prochaines années. Le fonds débutera avec 300 millions d’euros de capital. Il sera gouverné à parité. Son terrain de chasse: les entreprises italiennes de l’alimentation, de la mode et du luxe, de l’ameublement et du tourisme. «Nous avons quatre ou cinq idées (d’investissement en Italie) que nous étudions actuellement», a déclaré le Premier ministre qatari, cheikh Hamad ben Jassim Al Thani, sans apporter plus de détails sur ces projets, ni sur la nature des entreprises, cotées ou non, ni sur la taille des investissements envisagés.
En allant démarcher le fonds souverain du Qatar, Mario Monti espère apporter une réponse aux besoins de financement des entreprises de la péninsule, fortement pénalisées par la récession dans le pays et par la raréfaction du crédit. Un second fonds, d’un montant d’un milliard d’euros, également abondé à parité par les deux pays, devrait aussi voir le jour dans les prochains mois, cette fois à destination exclusive des PME.
L’accord conclu entre le Qatar et l’Italie est le plus abouti jamais signé par l’émirat avec un pays européen.
Le pays négocie toujours avec la France en vue de signer d’ici à fin 2012 un fonds à destination des PME françaises, dont le montant pourrait atteindre 300 millions d’euros. Il devait être abondé pour moitié par l’émirat et pour l’autre moitié par la Caisse des dépôts et éventuellement par des partenaires privés. Récemment, l’ambassadeur du pays en France a annoncé que l’émirat étudie la possibilité d’investir aussi 10 milliards d’euros dans de grandes entreprises françaises.
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