Lion Capital fait monter la pression sur American Apparel
Le fonds, créancier de la chaîne de prêt-à-porter, demande la constitution d’un comité spécial pour examiner différentes options, dont une vente.
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Olivier Pinaud
Le conseil d’administration et la direction d’American Apparel sont un peu plus cernés. Déjà sollicité pour examiner une offre de rachat de la part d’Irving Place Capital et de Dov Charney, fondateur et ancien directeur général de la chaîne de prêt-à-porter, le groupe de Los Angeles doit maintenant répondre à la pression de Lion Capital.
Actionnaire de 2009 à 2013, le fonds britannique spécialisé dans la distribution est aujourd’hui créancier d’American Apparel. Il appelle la direction du groupe à constituer un comité spécial afin d’examiner différentes options stratégiques, dont celle d’une vente pure et simple, selon une lettre adressée ce week-end et révélée par le Wall Street Journal. Et pour mieux faire entendre sa voix, Lion Capital va demander la nomination au conseil d’administration d’American Apparel d’un de ses associés-fondateurs, Lyndon Lea. Le fonds britannique dispose déjà d’un représentant au conseil. Ses titres lui permettraient, en cas d’exercice de leur option de conversion, de détenir jusqu’à 12% du capital du distributeur. Premier créancier, Standard General, dont une partie des titres est garantie par les actions de Dov Charney, toujours à la tête de 43% du capital d’American Apparel, ne s’est pas publiquement exprimé jusqu’à présent.
Le conseil d’American Apparel n’a pas fait de commentaires sur la lettre de Lion Capital. Mais selon Bloomberg, il serait peu disposé à mettre sur pied un comité ad hoc chargé d’examiner d’éventuelles offres de reprise sachant que jusqu’à présent seul Irving Place Capital et Dov Charney, limogé de sa société mi-décembre, se sont dits intéressés. La banque Moelis & Co a toutefois été mandatée par la société, indique le Wall Street Journal.
La première approche d’Irving Place Capital a été jugée insuffisante par le conseil. Celle-ci avait été formulée à un prix compris entre 1,30 et 1,40 dollar par action, soit une valorisation de 226 à 243 millions de dollars. Pour «s’assurer que tous les actionnaires d’American Apparel soient traités équitablement», selon les termes de la direction, le conseil d’administration a adopté pour un an un nouveau mécanisme de défense contre toute offre non sollicitée. Il permet d’émettre de nouvelles actions si un actionnaire jugé hostile venait à acquérir sur le marché plus de 10% du capital.
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