L’influence des proxys diffère selon les résolutions
Les investisseurs les suivent volontiers sur les augmentations de capital, mais analysent eux-mêmes les sujets de rémunération, selon Georgeson.
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Bruno de Roulhac
De l’influence des proxys en assemblée générale. Dans son bilan européen des AG 2016, une étude du groupe de conseil en gouvernance Georgeson constate une baisse de l’opposition des proxys en France. Cette année, ISS n’a pris que 94 recommandations négatives sur les résolutions du CAC 40, contre 139 l’an dernier. Et Glass Lewis 61, contre 95 en 2015. Les rémunérations et la nomination des administrateurs sont les sujets les plus contestés. «Au sein du CAC 40, le poids des institutionnels étrangers est de plus en plus important. Or, les non-résidents, qui détiennent plus de 50% du CAC 40 et autour des deux tiers du flottant, suivent davantage les recommandations des proxys, notamment d’ISS, explique Matthieu Simon-Blavier, directeur général de Georgeson France. Dans les sociétés au capital dilué, les proxys peuvent ainsi faire échec aux seules résolutions relevant d’une assemblée générale extraordinaire.»
En France et au Royaume-Uni, les actionnaires ont d’abord contesté les autorisations financières, le «say on pay», les plans de rémunération en actions, et les élections d’administrateurs. Aux Pays-Bas, les autorisations financières sont les seules résolutions vraiment contestées. En revanche, en Allemagne, les contestations concernent d’abord les administrateurs. En Italie, les points sur les rémunérations sont les premiers rejetés. «Les proxys ont plus de poids, car les investisseurs votent d’avantage qu’hier et n’ont plus les moyens d’avoir des équipes d’analyse en interne, poursuit Matthieu Simon-Blavier. Toutefois, si les proxys ont de l’influence sur les résolutions plus simples à analyser, comme les augmentations de capital, ils sont moins suivis quand la résolution nécessite une interprétation, notamment les plans d’action de performance, à condition que le dialogue entre émetteurs et investisseurs permette d’améliorer le niveau de transparence des informations fournies. Et aujourd’hui, les investisseurs se focalisent sur la question des rémunérations (say on pay, convention réglementée, plans d’action de performance).»
Désormais, «l’accès des investisseurs au conseil pour discuter des seuls sujets de gouvernance monte en puissance, ajoute Matthieu Simon-Blavier. Les conseils mettent en place des roadshows pour rencontrer par petits groupes leurs actionnaires institutionnels. Cela permet aux investisseurs de se saisir d’un véritable affectio societatis et de mieux comprendre le fonctionnement du conseil».
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