Liberty Global confirme l’attrait des câblo-opérateurs européens
John Malone est insatiable. Après les rachats en 2007 et en 2009 des allemands Kabel Baden-Wuerttemberg et Unitymedia, pour un total de 6,7 milliards d’euros, puis la montée fin 2012 au capital du belge Telenet, le premier actionnaire du groupe américain Liberty Global vise aujourd’hui le britannique Virgin Media. Les parties ont publié cette nuit conjointement les termes d’un projet d’offre amicale mixte valorisant le capital de la cible à 11,6 milliards d’euros, un montant porté à 16,9 milliards dette comprise.
Lundi soir, avant l’annonce des discussions entre les deux groupes, Virgin Media capitalisait un peu plus de 6,6 milliards de livres (7,6 milliards d’euros). Mais avec la dette, sa valeur d’entreprise frôlait les 15 milliards d’euros et représente, selon S&P Capital IQ, 7,5 fois son excédent brut d’exploitation 2013. Liberty Global est valorisé pour sa part 9,3 fois son Ebitda tandis que l’allemand Kabel Deutschland affiche un multiple de 10,5.
L’offre mixte représente 30 livres par action Virgin Media aux cours de clôture de mardi soir, un niveau proche des valorisations les plus élevées du secteur selon les analystes de Macquarie. Précisément, les actionnaires recevront par action apportée selon le communiqué commun 17,50 dollars en numéraire, 0,2585 actions Liberty Global de classe A et 0,1928 action Liberty Global de classe C. Hier soir, à la Bourse de Londres, le cours de Virgin Media a terminé à28,89 livresen hausse de 17,30%.
Récemment, les analystes de HSBC estimaient la capacité d’autofinancement de Liberty Global à 11 milliards de dollars. Le groupe de John Malone devra donc faire appel à des ressources extérieures pour payer Virgin Media. Sa dette totale s’élevait à la fin du dernier trimestre à 26,5 milliards de dollars soit, retraitée des 3,3 milliards de dollars de trésorerie, 4,7 fois son Ebitda. Le groupe est noté Ba3 par Moody’s et B+ par S&P.
Le repreneur pourrait toutefois s’appuyer sur la capacité d’endettement de Virgin Media, dont le ratio de levier n’est que de 3,2, pour rembourser une partie de la dette d’acquisition. Malgré la forte compétition à laquelle il se livre avec BSkyB, le numéro un de la télévision payante outre-Manche, le groupe génère près de 500 millions de livres de cash-flows libres par an. Virgin Media avait annoncé en décembre être prêt à consacrer 1,1 milliard de livres en deux ans pour racheter 17% de son capital sur le marché.
Plus d'articles du même thème
-
La BCE s’achemine vers une hausse de taux en décembre
Malgré une décision unanime de ne pas remonter les taux pour l’instant, les gouverneurs de la banque centrale ont envoyé le message d’un nouveau resserrement le 17 décembre. Sauf accident sur la croissance, le mouvement devrait même se poursuivre malgré les hausses de taux longs déjà restrictives. -
Shell et Repsol décident d’accroître leur retour aux actionnaires
Après la publication de résultats trimestriels supérieurs aux attentes du consensus, les deux énergéticiens ont relevé le montant de leurs rachats d’actions. -
Andera Partners investit 60 millions dans Tyls
La société d'investissement prend une participation minoritaire dans le réseau d’expertise comptable dans le cadre d'une opération sponsorless.
ETF à la Une
Les gérants allocataires affinent leur utilisation des ETF
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
- Alan joue les trouble-fête avec le méga contrat santé de la Sécu
- Microsoft propose à 60.000 salariés de quitter l'entreprise
Contenu de nos partenaires
-
Tutti fascisti !« Tous fascistes, sauf nous » : comment Jean-Luc Mélenchon organise le vide entre le RN et LFI
Pour affronter Marine Le Pen, le leader des insoumis cherche à effacer la partie centrale de l'échiquier politique et repousse les socialistes dans le camp des fascistes -
Au nom de la loiCouvre-feux, manifs interdites, drones : nos libertés sous cloche ?
Depuis dix ans, le pouvoir macroniste a multiplié les textes sécuritaires. Avec l’objectif de répondre à la demande croissante d’ordre et d’autorité. Mais au risque de rompre l’équilibre fragile entre sécurité et libertés fondamentales -
Maintien de l’ordre : combien de temps les policiers pourront-ils tenir ?
Les forces de l’ordre, durement éprouvées le 17 octobre, sont sous pression depuis le début du mouvement lycéen il y a cinq semaines. Sans issue politique à l'horizon, combien de temps pourront-elles tenir ?