L’IASB veut faciliter la comptabilité de couverture pour les entreprises

La réforme proposée par l’organisme pourrait permettre de réduire la volatilité des résultats des industriels
Alexandre Garabedian

Fait rare, le dernier projet de réforme de l’IASB devrait rencontrer un accueil a priori favorable. L’International Accounting Standards Board, chargé d’élaborer les normes comptables internationales IFRS, a publié hier un exposé-sondage sur la comptabilité de couverture. La proposition devrait faciliter la tâche des entreprises lorsqu’elles comptabilisent les instruments dérivés qu’elles utilisent pour se couvrir contre un risque – par exemple, les fluctuations des taux de change pour un exportateur.

Les règles publiées hier fixent des principes généraux. «En pratique, il n’y a quasiment pas de domaine d’application pour les banques», explique un banquier, qui attend pour le deuxième ou le troisième trimestre 2011 le projet relatif à la comptabilité de couverture des portefeuilles (macrocouverture).

Le cadre actuel de l’IASB est jugé complexe et ne permet pas de traduire dans les comptes la politique de gestion du risque d’une entreprise, en restreignant le champ d’application du hedge accounting. Il ne prenait par exemple en compte que les risques liés à un élément financier, par exemple la variation du taux (Libor, Euribor) servant de référence au coupon payé sur une obligation. A l’avenir, si une entrerpise a décidé de couvrir un risque donné, par exemple un contrat, celui-ci trouvera sa traduction comptable, qu’il soit composé d’éléments financiers ou non-financiers, par exemple les variations du prix du baril.

D’autres assouplissements sont prévus. La comptabilisation sera étendue aux positions nettes, par exemple le solde entre un actif et un passif libellés dans une même devise pour une couverture de change. Quant à la composante temps de la valeur d’une option, traitée aujourd’hui comme une position de trading spéculative, elle sera considérée comme un coût de couverture. Ses fluctuations de valeur n’affecteraient donc plus le compte de résultat, mais directement le bilan.

«Aujourd’hui, si la comptabilité de couverture ne s’applique pas, le dérivé est réévalué par le compte de résultat sans qu’une compensation soit possible avec la variation du risque couvert. Avec la réforme, les entreprises devraient pouvoir documenter et enregistrer davantage d’opérations de couverture dans leurs comptes, avec comme conséquence une baisse de la volatilité des résultats», estime Christine Lallouette, associée chez Deloitte.

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