L’IASB veut faciliter la comptabilité de couverture pour les entreprises
Fait rare, le dernier projet de réforme de l’IASB devrait rencontrer un accueil a priori favorable. L’International Accounting Standards Board, chargé d’élaborer les normes comptables internationales IFRS, a publié hier un exposé-sondage sur la comptabilité de couverture. La proposition devrait faciliter la tâche des entreprises lorsqu’elles comptabilisent les instruments dérivés qu’elles utilisent pour se couvrir contre un risque – par exemple, les fluctuations des taux de change pour un exportateur.
Les règles publiées hier fixent des principes généraux. «En pratique, il n’y a quasiment pas de domaine d’application pour les banques», explique un banquier, qui attend pour le deuxième ou le troisième trimestre 2011 le projet relatif à la comptabilité de couverture des portefeuilles (macrocouverture).
Le cadre actuel de l’IASB est jugé complexe et ne permet pas de traduire dans les comptes la politique de gestion du risque d’une entreprise, en restreignant le champ d’application du hedge accounting. Il ne prenait par exemple en compte que les risques liés à un élément financier, par exemple la variation du taux (Libor, Euribor) servant de référence au coupon payé sur une obligation. A l’avenir, si une entrerpise a décidé de couvrir un risque donné, par exemple un contrat, celui-ci trouvera sa traduction comptable, qu’il soit composé d’éléments financiers ou non-financiers, par exemple les variations du prix du baril.
D’autres assouplissements sont prévus. La comptabilisation sera étendue aux positions nettes, par exemple le solde entre un actif et un passif libellés dans une même devise pour une couverture de change. Quant à la composante temps de la valeur d’une option, traitée aujourd’hui comme une position de trading spéculative, elle sera considérée comme un coût de couverture. Ses fluctuations de valeur n’affecteraient donc plus le compte de résultat, mais directement le bilan.
«Aujourd’hui, si la comptabilité de couverture ne s’applique pas, le dérivé est réévalué par le compte de résultat sans qu’une compensation soit possible avec la variation du risque couvert. Avec la réforme, les entreprises devraient pouvoir documenter et enregistrer davantage d’opérations de couverture dans leurs comptes, avec comme conséquence une baisse de la volatilité des résultats», estime Christine Lallouette, associée chez Deloitte.
Plus d'articles du même thème
-
Les gestions reviennent avec confiance vers les actions
Les actions pèsent de nouveau la moitié du portefeuille du Panel Allocation. Ce regain s'opère au détriment de l’obligataire et du cash. -
Les gérants crédit continuent de miser sur le portage
Le Panel Crédit de L’Agefi reste prudent, compte tenu du niveau serré des spreads mais continue de jouer la classe d’actifs pour son rendement, soutenu par la hausse des taux. -
La Banque du Japon cherche le bon dosage de ses outils de politique monétaire
Pressée de remonter son taux directeur à cause du retour de l’inflation, la banque centrale japonaise pourrait modérer le rythme de ses rachats d’obligations pour en atténuer les effets.
ETF à la Une
La Bourse de Corée lance des ETF à levier sur Samsung et SK Hynix
- LCL détaille les promesses de son plan stratégique sans parvenir à emballer
- BP renvoie son président pour des «manquements inacceptables»
- Avec Redion, Generali crée un géant de l’assistance et des avantages aux salariés
- BNP Paribas et Mistral repartent pour un tour et vantent leur proximité
- Le corpus réglementaire de lutte contre le blanchiment change le paradigme des institutions financières
Contenu de nos partenaires
-
Présidentielle 2027 : pour son premier meeting, Gabriel Attal promet « la force d’agir »
Devant près de 5 000 personnes, samedi 30 mai au Parc des Expositions, à Paris, l’ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron a évoqué la géopolitique, l’éducation ou encore l’IA. S’il souhaite percer dans cette campagne, il refuse d’appeler « adversaires » ses rivaux du socle commun, dont Edouard Philippe et Bruno Retailleau -
Edgar Morin, sociologue et philosophe de renom, est mort à l’âge de 104 ans
Figure médiatique, le philosophe Edgar Morin appartenait à une gauche moderne. Mort à 104 ans, vendredi 29 mai, il était considéré comme le dernier grand intellectuel français -
Frédéric Rose, ex-préfet des Yvelines, sera le nouveau directeur de cabinet d’Emmanuel Macron
Agé de 52 ans, Frédéric Rose va ainsi succéder à Georges-François Leclerc, en poste depuis octobre 2025 et qui a été nommé mercredi préfet d’Ile-de-France