L’heure d’une remise en ordre de la filière nucléaire civile a sonné

Le Conseil de politique nucléaire réclame davantage de coopération entre les acteurs et demande à Areva de filialiser ses activités minières
Antoine Duroyon

Sept mois après la remise du rapport Roussely sur «l’avenir de la filière française du nucléaire civil», le Conseil de politique nucléaire, réuni hier, en a retenu les principales lignes. EDF notamment est consacré capitaine de «l’Equipe France» pour les projets de construction de centrales nucléaires. «Lorsque la France est sollicitée pour ses compétences d’architecte ensemblier, EDF sera le chef de file de l’industrie nucléaire française», défend le Conseil de politique nucléaire. Le PDG de l’électricien français occupera par ailleurs la vice-présidence d’un nouveau comité stratégique de l’énergie nucléaire, présidé par le ministre chargé de l'énergie.

L’avenir d’Areva fait également l’objet d’avancées. Afin de «sécuriser l’amont du cycle», écrivait l’actuel vice-président de Credit Suisse Europe, «Areva pourrait apporter ses actifs miniers d’uranium à une société ad hoc dont elle conserverait la majorité et assurerait la gestion ; les autres actionnaires pourraient être des clients». Le Conseil de politique nucléaire réaffirme que «cette activité minière constitue un actif majeur pour Areva». Dès lors, il «lui demande de filialiser cette activité, comme préalable à l’examen et à la mise en œuvre de scénarios stratégiques et financiers permettant d’en assurer le développement».

Une formulation qui laisse la voie ouverte à un éventuel projet de cotation des mines qui pourrait remettre le Qatar dans le jeu. Selon Société Générale, la valorisation du pôle s’établirait autour de 4,7 milliards d’euros. CA Cheuvreux, qui utilise la méthode de la somme des parties, avance un chiffre de 25 euros par action pour une valorisation globale du groupe de 43,8 euros par titre. L’hypothèse d’un rapprochement avec Eramet, dont Areva détient plus de 25%, pourrait également prendre de la consistance.

Areva, premier producteur d’uranium, et EDF, premier consommateur, vont devoir collaborer plus étroitement. Les deux groupes vont ainsi conclure un accord d’approvisionnement de long terme. Aux côtés d’autres acteurs, ils renforceront par ailleurs leur coopération industrielle sur l’Atmea, un réacteur de moyenne puissance destiné à compléter l’offre française, au-delà de l’EPR. Un outil qui sera proposé dans le cadre d’un partenariat global entre la France et la Chine que le Commissariat à l'énergie atomique va être chargé de négocier.

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