L’exploration pétrolière fait l’objet d’une concurrence exacerbée

Les budgets d’investissement dans les activités amont progresseraient de 7% l’an prochain, selon une première estimation de JPMorgan Cazenove
Yves-Marc Le Reour

Avec un prix du baril qui devrait rester durablement élevé, les groupes pétroliers multiplient les projets dans l’exploration afin de renouveler des réserves indispensables à la croissance de leur production (voir graphique ci-dessous). La semaine dernière, Total a annoncé deux découvertes en mer du Nord et dans le golfe du Mexique.

Dans le premier cas, la taille du gisement pourrait être comprise «entre 25 et 75 millions de barils», sachant que le pétrolier français, associé à trois partenaires, détient 40% de la licence d’exploitation. Total possède également une part de 40% dans le gisement en eaux profondes de North Platte, situé au centre du golfe du Mexique, dont le potentiel de production de «quelques centaines de millions de barils» semble encore plus prometteur.

L’italien Eni, qui avait repris l’exploration offshore en Libye dès février 2012, a récemment recommencé ses forages terrestres dans ce pays, ce qui devrait lui permettre d’augmenter sa production sur l’année 2012. Selon des chiffres provisoires de JPMorgan qui se fonde sur les budgets émanant d’une quinzaine de compagnies dans le monde entier, la croissance organique des investissements dans l’amont (exploration et production) serait de 7% en 2013.

Mais la montée en puissance des groupes indépendants constitue une menace supplémentaire pour les pétroliers intégrés, déjà confrontés à la concurrence des sociétés nationales des pays émergents. L’Islande vient ainsi d’accorder aux sociétés britanniques Faroe Petroleum et Valiant Petroleum des licences d’exploration afin d’entreprendre des forages dans des eaux arctiques situées entre le Groenland et la Norvège. Cette décision est motivée par des retombées économiques et financières à moyen terme potentiellement élevées pour ce pays durement affecté par la crise de 2008.

Après une période faste où elle a dépassé 20% au milieu des années 2000, la rentabilité des capitaux investis des acteurs intégrés devrait donc ressortir inférieure à 11% à l’horizon 2015 contre environ 12% actuellement, estiment les analystes de Barclays dans une récente étude. Ils notent «une corrélation étroite entre la performance boursière de ces groupes et le rythme de croissance de leur production» et ajoutent que cet indicateur représente la source principale de création de valeur à long terme pour les actionnaires dans ce secteur.

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