L’Etat se donne un peu plus de temps sur le dossier Areva
Pas de commentaire chez Areva. Ceci dit, le calendrier de l’augmentation de capital du groupe vient bien de subir une nouvelle retouche. Confirmant des informations de presse, des sources proches du dossier ont indiqué hier que le conseil de surveillance chargé d’étudier l’augmentation de capital d’Areva avait été reporté d’une semaine. Il devrait donc se tenir le 23 novembre, la date limite de dépôt des offres ayant été repoussée au 22. «Il peut y avoir un décalage sans que cela remette en cause la prochaine levée de fonds», nuançait hier l’une de ces sources.
L’Agence des participations de l’Etat souhaite visiblement se donner un peu de temps. Faut-il y voir les prémices d’un énième rebondissement alors que les rôles de Mitsubishi Heavy Industries (MHI) et d’EDF ne sont pas encore clarifiés? Faut-il simplement considérer que l’Etat a préféré ne pas agir dans la précipitation, le remaniement gouvernemental à peine annoncé?
En tout cas, les déclarations d’EDF sur son rôle industriel semblent confirmer qu’il ne participera pas au tour de table dans l’immédiat, c’est-à-dire tant que ne sera pas défini plus précisément son rôle stratégique dans la filière.
Les questions qui demeurent à court terme concernent donc avant tout la valorisation d’Areva et la participation ou non de MHI dès le tour de table de fin d’année (aux côtés du Qatar et du Koweit).
Si le japonais pourrait se décourager de ne pas être sélectionné dès maintenant, EDF est quant à lui clairement opposé à son arrivée chez Areva. Les partisans des deux camps auront donc une semaine de plus pour poursuivre leur lutte en coulisses. Mais il est intéressant de noter que le remaniement de ce week end pourrait faire évoluer les rapports de force.
Jean-Louis Borloo, vu comme un soutien à la stratégie d’EDF, a quitté le gouvernement. En revanche, Areva a pu compter jusqu’ici sur l’appui de Bercy et de Matignon. Deux ministères dont les équipes restent en place. Certes, l’Elysée demeure en pointe sur le sujet. Toutefois les points de vue n’y sont de bonne source pas unanimes et la nouvelle ventilation des attributions pourrait aussi jouer un rôle dans le dossier. Les questions liées à l’Energie étaient jusqu’ici de la compétence du ministère de Jean-Louis Borloo. Désormais, elles dépendent de Bercy.
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