L’Etat français débute son désengagement partiel d’EADS
Après l’Etat espagnol et Lagardère, l’Etat français s’apprête à céder une partie de ses titres EADS. Dans le cadre de son programme de rachat d’actions de 18 mois annoncé le 2 avril 2013, le groupe européen d’aéronautique et de défense est entré en discussions avec la France concernant l’éventuelle acquisition hors marché d’un bloc de 1,56% d’actions EADS sur la base d’un prix par action égal à 37,35 euros, tel que proposé par les pouvoirs publics français. Soit le prix auquel Lagardère a vendu la totalité de sa participation de 7,4% la semaine dernière dans le cadre d’un placement privé.
Cette opération permettra à Bercy d’engranger 478 millions d’euros. Dans le cadre de la recomposition du capital d’EADS, la participation de l’Etat français doit être ramenée de 15% à 12% pour être à parité avec son homologue allemand. Il vient de parcourir la moitié du chemin.
Par l’intermédiaire de son programme de rachat d’actions, EADS a déjà acquis 1,61 million de ses propres titres pour 500 millions d’euros. Le groupe européen a donc déjà dépensé près de 1 milliard d’euros, soit plus d’un quart de son enveloppe maximum de 3,75 milliards d’euros. EADS vient d’annoncer son intention de conclure avec un prestataire de service d’investissement un accord relatif à la mise en œuvre de ce programme.
Pour sa part, Lagardère a précisé hier que la cession de sa participation pour 2,28 milliards d’euros lui permettra de dégager une plus-value, nette d’impôt et des frais de transaction, de 1,8 milliard d’euros. Le groupe, désormais 100% média, consacrera le produit de cession au versement d’une prime exceptionnelle à l’ensemble des collaborateurs du groupe (plus de 22.500 salariés permanents fin 2012) d’une part, au versement d’un dividende exceptionnel aux actionnaires, d’autre part, et enfin à la réduction de l’endettement du groupe.
Ce dividende exceptionnel sera fixé dans les prochaines semaines, et annoncé avant l’assemblée générale du 3 mai prochain. Il prendra la forme d’un acompte sur le dividende 2013, soumis à l’approbation des actionnaires lors de l’assemblée générale de mai 2014. Contacté par L’Agefi, Lagardère n’était pas joignable pour préciser la date du détachement de ce coupon exceptionnel. Lagardère, qui veut croître dans les activités en développement, n’exclut pas non plus des «acquisitions ciblées lorsque des opportunités se présenteront».
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