L’Etat fait un pas de plus vers la privatisation d’Aéroports de Paris
Comme il l’avait annoncé, le gouvernement gère plus activement les participations financières de l’Etat. Après la cession de 3,12% du capital de Safran fin mars, le ministère de l’Economie met en vente 10% d’Aéroports de Paris, dont 5,6% détenus par le Fonds stratégique d’investissement (FSI), le solde étant logé à l’Agence des participations de l’Etat (APE). Alors que les actions du groupe d’aéronautique avaient été vendues directement en Bourse, les titres ADP seront vendus hors marché, dans le cadre d’un processus concurrentiel selon les règles du titre 2 de la loi de privatisation. Les enchères devraient durer quelques semaines.
«Les actions seront réparties auprès de deux ou trois investisseurs de long terme, comme des fonds souverains, français ou étrangers», indique une source proche du dossier. L’APE est conseillée par Credit Suisse tandis que le FSI a mandaté Citigroup.
«De nombreux investisseurs souhaitent depuis longtemps entrer ou se renforcer de manière conséquente au capital mais étaient contraints par la taille réduite du flottant», explique la source. Par ailleurs, le secteur est actuellement très recherché, le groupe dispose d’importantes réserves distribuables et l’échec dans l’appel d’offres pour la construction-concession du nouvel aéroport d’Istanbul, estimée à 22 milliards d’euros, a levé un important risque financier.
Enfin, en plus de leur proposer une place conséquente au capital, l’Etat accordera à ces investisseurs une représentation au conseil d’administration d’ADP. Des éléments qui doivent jouer pour faire monter les enchères, espèrent les vendeurs. Au cours d’hier, les 10% mis en vente par l’Etat valent 683 millions d’euros. Les fonds récoltés par le FSI serviront à doter la Bpifrance.
«Cette opération va dans le bon sens et constitue un pas de plus vers une privatisation ultérieure d’ADP», reconnaît un bon connaisseur du dossier. Cela «s’inscrirait dans l'évolution générale du rôle de l’Etat dans la sphère économique, passant d’un rôle d’opérateur à un rôle de régulateur», indiquent les analystes de Natixis. Probable dans un second temps, le passage de l’Etat sous les 50% du capital nécessitera néanmoins une modification de la loi qui avait autorisé l’ouverture du capital d’ADP en 2006.
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