L’Etat en appelle au redressement national pour sa nouvelle vente de titres Safran
L’Etat français poursuit sa descente au capital de Safran. Le ministère de l’Economie et des Finances a indiqué hier soir avoir engagé la cession par le biais d’un placement institutionnel privé de 3,6% du capital de l’équipementier aéronautique, soit 15 millions d’actions. Une opération susceptible selon le ministère d’être portée à 4,7% du capital, soit au maximum 19,5 millions de titres.
L’action Safran a clôturé hier à la Bourse de Paris, avant l’annonce de Bercy, en hausse de 1,47% à 48,035 euros. Cette valorisation pourrait permettre à l’Etat d’engranger quelque 937 millions d’euros. L’opération est dirigée selon Bloomberg par UBS, Citigroup et Bank of America, l’agence relevant que les titres pourraient être proposés à partir de 46,30 euros.
Alors que l’Etat avait déjà cédé en mars dernier une participation de 3,12% au capital de Safran, pour une récolte voisine de 450 millions d’euros, le ministère n’a pas manqué hier de souligner que l’Etat restera à l’issue de cette opération un actionnaire de référence du groupe, avec au minimum 22,4% du capital. Et qu’il entend bien conserver ce statut «à moyen terme», grâce à une participation au capital «significative» et au «jeu des droits de vote doubles».
Pour l’heure, la puissance publique justifie cette nouvelle vente de titres Safran dans le cadre de sa «politique de gestion active des participations de l’Etat», qui doit permettre de «préserver les intérêts patrimoniaux et stratégiques de l’Etat tout en dégageant des ressources en fonds propres pour de nouveaux secteurs porteurs de développement économique». Le produit de la présente vente pourra ainsi financer «de nouveaux investissements productifs au service du redressement de l’économie nationale», selon le ministère.
Il est vrai que le cours de l’action Safran s’est envolé de 50% cette année. L’Etat tire parti d’un contexte boursier favorable. Il a déjà cette année cédé des titres EADS ou ADP, pour un montant total de 2,4 milliards. Au 12 novembre, le portefeuille coté de 12 lignes de l’Agence des participations de l’Etat (APE) était valorisé à 81,6 milliards d’euros, en hausse de 51,60% cette année (après un recul de 14,5% en 2012). Alors que la ligne Safran était valorisée à 5,4 milliards, EDF se taillait la part du lion avec 40,4 milliards, près de la moitié du total.
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