L’Etat actionnaire devra appuyer en AG sa pression sur les salaires
Après avoir plafonné la rémunération des dirigeants des entreprises publiques, l’Etat actionnaire renforce sa pression sur les sociétés dont il est minoritaire en demandant une baisse de 30% de la rémunération globale de ces patrons. Une demande que ne pourront pas ignorer les comités de rémunération au moment de l’arrêt des politiques de rémunération 2014, et qui sonne comme un camouflet pour le patronat à quelques mois de la révision de son code de gouvernance.
Hier, le Medef n’était pas joignable. «Nous nous félicitons que l’Etat affiche une politique actionnariale, même s’il agit de façon isolée comme un fonds activiste, explique Loïc Dessaint, directeur général de Proxinvest. Toutefois, il ferait mieux d’entreprendre une vraie réforme du droit des sociétés, notamment en instaurant un vote contraignant et non consultatif».
Bercy demande également que les PDG ne perçoivent ni options, ni jetons de présence, ni retraite chapeau. L’indemnité de départ devra être limitée à 12 mois de salaire (fixe et variable), ce que recommande déjà Proxinvest, alors que le code Afep-Medef autorise 24 mois.
L’Etat pourra manifester son mécontentement en AG si la politique de rémunération n’est pas amendée, bien que le «say on pay» ne concerne que la rémunération de l’exercice écoulé. Avec le risque de ne pas être suivi par les autres actionnaires. Toutefois, «à part Renault, les montants ne sont pas particulièrement élevés, rappelle Loïc Dessaint. Et si nous votons contre, cela ne sera pas forcément pour cette raison».
Echaudé par la polémique autour du parachute doré de son PDG Jean-Paul Herteman et des retraites chapeaux de ses cadres dirigeants, mesures contre lesquelles l’Etat s'était opposé en AG en 2012, Safran s’est refusé à commenter la demande de l’Etat. Au titre de 2012, Jean-Paul Herteman a touché 730.000 euros de fixe et 706.000 de variable.
Pour sa part, Air France-KLM met en avant la politique de modération salariale mise en place depuis 2012 dans le cadre de son plan Transform 2015. Pour 2014, la rémunération du PDG Alexandre de Juniac comprendra un fixe de 600.000 euros et un variable qui ne peut dépasser 100% du fixe.
Chez Orange, le PDG, Stéphane Richard, a touché 1,5 million d’euros (900.000 euros de fixe et le solde en variable) en 2012. Toutefois, Stéphane Richard a déjà prévenu le marché que son salaire sera plafonné à 1 million d’euros, afin que le groupe ne supporte pas la taxe à 75%.
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