L’Esma donne ses critères de l’action de concert
En réponse à la demande de la Commission européenne et dans un souci de clarification, le régulateur européen des marchés financiers (Esma) vient de donner des critères pour définir si des actionnaires agissent ou non de concert lors d’une OPA.
L’Esma a ainsi défini une «liste blanche» des types d’activités pour lesquelles les actionnaires qui coopèrent entre eux ne sont pas présumés agir de concert. Premièrement, ouvrir des discussions les uns avec les autres sur des sujets qui pourraient être soulevés avec le conseil d’administration. Deuxièmement, faire des démarches auprès du conseil sur la stratégie de l’entreprise, les règles et les mesures particulières que la société pourrait envisager de prendre. En outre, les actionnaires pourront exercer leurs droits légaux, comme déposer des projets de résolution ou inscrire des points à l’ordre du jour, hors la nomination d’administrateurs. Enfin, ils pourront également voter de la même façon sur une résolution concernant la rémunération, l’acquisition ou cession d’actifs, le rachat d’actions, l’augmentation de capital, le dividende… sans être accusé d’agir de concert.
Ce cadre s’avère plus restrictif que la définition française de la mise en place d’une «politique commune». Il devrait donc permettre plus facilement à des actionnaires de voter dans le même sens, sans être accusés d’agir de concert et dans la foulée être privés de ses droits de vote. Une avancée que devraient saluer les défenseurs des actionnaires minoritaires.
Si les actionnaires coopèrent sur des sujets autres que ceux de la «liste blanche», l’action de concert n’est pas présumée pour autant automatiquement. Chaque cas sera alors déterminé en fonction des faits particuliers.
En revanche, l’Esma reconnaît que les actionnaires peuvent coopérer entre eux pour faire élire un ou des administrateurs, et peuvent ainsi être en mesure de contrôler la gestion opérationnelle de la société.
Alors que différentes approches sont utilisées selon les pays, l’Esma estime que cette coopération peut prendre plusieurs formes. Soit la conclusion d’un accord, formel ou informel, pour exercer leur droit de vote dans le même sens afin de soutenir la nomination d’un ou plusieurs administrateurs. Soit le dépôt d’une résolution pour demander le départ d’un ou plusieurs membres du conseil et les remplacer. Soit la soumission d’une résolution pour nommer des administrateurs supplémentaires.
Plus d'articles du même thème
-
La BCE se résout à relever ses taux
La banque centrale a augmenté ses taux directeurs de 25 points de base, comme attendu. Une hausse présentée par Christine Lagarde comme un signal et non comme une hausse préventive. Elle ne donne pas d’indication sur ses prochains mouvements. Le marché en attend deux autres cette année. -
Les projections économiques de la BCE sont revues à la baisse
Le nouveau scénario économique du personnel de la BCE approche de la stagflation. Malgré tout, ces projections sont encore jugées trop optimistes. -
Les dépassements d’honoraires mettent le financement de la santé sous tension
La dynamique des dépassements d’honoraires en santé n’est plus soutenable. C’est le constat sans appel du rapport du Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie publié le 9 juin. Ce dernier propose trois scénarios pour les réguler, avec des implications différentes pour les complémentaires santé.
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Le Crédit Mutuel Alliance Fédérale change de directeur général
- Le Crédit Agricole est confronté à la reprise des grandes manœuvres en Italie
- Le commissariat aux comptes séduit plus que jamais les jeunes générations
- L'offre d'Intesa sur MPS crée un effet domino pour Axa
- Les banques affûtent leur stratégie de conquête dans l’immobilier
Contenu de nos partenaires
-
Jouer avec le feuEntre les Etats-Unis et l’Iran, le jeu dangereux de la confrontation sans escalade
Pour chacune des deux parties, l'objectif est de ne pas perdre la face. Et de garder intacts les leviers de négociation toujours en cours -
BagarreLes Vingt-Sept se jettent dans la mêlée budgétaire
Les gouvernements s’apprêtent à ouvrir les négociations pour l’exercice 2028-2034. Le chiffre de départ : près de 2 000 milliards d’euros -
Fleurance, FranceLyhanna, les coulisses d’un séisme politique
Pendant dix jours, la France a vécu au rythme des révélations sur la mort de la fillette de 11 ans, abasourdie par les ratés de l’enquête. Retour sur ce fait divers devenu une affaire d’Etat