Les vents contraires n’ont pas épargné Ford au dernier trimestre
Le moteur a tourné à plus faible régime pour Ford au quatrième trimestre 2011. Hors éléments exceptionnels, son bénéfice d’exploitation est ressorti à 1,1 milliard de dollars (837 millions d’euros), soit 0,20 dollar par action, contre 1,3 milliard (0,30 dollar par action) un an plus tôt. Ce bénéfice par action ajusté est inférieur de 20% au consensus des analystes qui tablaient sur 0,25 dollar. Le chiffre d’affaires consolidé de 34,6 milliards (+6,5%) est en revanche supérieur aux attentes, essentiellement grâce à l’Amérique du Nord où sa production a augmenté de 14% sur la période.
«Nous avons observé une dégradation de l’environnement extérieur et cela a affecté la plupart des régions à l’exclusion de l’Amérique du Nord; nous avons ensuite observé un impact des matières premières et des changes un peu plus prononcé que nous ne le pensions, sans compter les inondations en Thaïlande», commente le directeur financier Lewis Booth. Les coûts d’approvisionnement, qui ont atteint 2,3 milliards de dollars contre 2,2 milliards anticipés par le groupe, ont largement contribué au repli de 60 points de base à 5,4% de la marge d’exploitation de la division automobile à fin décembre.
Si sa perte d’exploitation s’est fortement creusée en Europe (-190 millions de dollars contre -51 millions un an auparavant), l’Asie-Pacifique a également viré au rouge (-83 millions contre +23 millions), tandis que le bénéfice de l’Amérique du Sud a chuté de 61,5% à 108 millions sous l’effet d’une concurrence plus vive. Peter Nesvold, analyste de Jefferies, remarque que le constructeur américain est moins exposé à l’Europe que son concurrent General Motors. «Ford ne sera pas épargné par une contraction en Europe mais je pense que la gamme est un peu plus neuve et un peu meilleure; c’est en outre une part plus petite du gâteau», relève-t-il.
Alors que l’Asie devrait être «modestement rentable» cette année, la sortie de nouveaux modèles en Amérique du Nord «devrait permettre à Ford de défendre en 2012 ses prix et sa part de marché dans la région», juge Brian Johnson, analyste chez Barclays Capital. Le bénéfice d’exploitation y a augmenté de presque 33% à 889 millions au dernier trimestre, avec une part de marché en hausse pour la troisième année d’affilée. C’est d’ailleurs la seule région où il entend augmenter sa production au cours du premier trimestre de l’exercice en cours.
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