Les ventes de blocs en Europe connaissent leur plus fort démarrage en huit ans
Volkswagen et Ingenico ont bouclé vendredi une semaine faste pour les placements d’actions en Europe sur le marché secondaire. Deutsche Bank a vendu pour 914 millions d’euros d’actions préférentielles du constructeur automobile allemand pour le compte du fonds américain Waddell & Reed. La participation a été cédée auprès d’investisseurs institutionnels dans le cadre d’une procédure accélérée de constitution du carnet d’ordres. A 158 euros par titres, le prix offrait une décote de 4% sur le cours de clôture du 14 mars, dans la moyenne pour ce type de transactions en 2013 (4,3%). Deutsche Bank était le seul teneur de livre.
Le début de semaine a été animé par des vendeurs britanniques. Lloyds a cédé le 12 mars 20% du capital du gestionnaire de patrimoine St James’ Place pour 520 millions de livres (600 millions d’euros). Le lendemain, RBS, qui avait introduit l’an dernier en Bourse sa filiale d’assurance Direct Line, a vendu 15% du capital par le biais de Goldman Sachs, Morgan Stanley et UBS. La banque écossaise a engrangé 507 millions de livres. Sur le continent, PSA a levé jeudi 177 millions d’euros en se défaisant de sa part dans BNP Paribas.
Les ventes de blocs d’actions dans le cadre de placements accélérés connaissent cette année en Europe leur plus fort démarrage en huit ans. En comptant Volkswagen et Ingenico (287 millions d’euros), elles dépassent déjà 12,5 milliards d’euros pour 34 transactions, selon les statistiques de Dealogic. Elles représentent sur ce début 2013 la moitié de l’activité d’un marché primaire actions par ailleurs pauvre en introductions en Bourse et en augmentations de capital. Cette proportion atteignait 40% l’an dernier et était tombée sous les 20% entre 2008 et 2010.
«La saison des résultats annuels s’achève, les marchés actions ont retrouvé un bon niveau de valorisation et la volatilité est très basse, à 15,9 points sur le VStoxx: les conditions sont favorables aux ventes de blocs», relève Cyril Michel, responsable de l’activité ECM chez HSBC France. Mais l’activité reste risquée pour les banquiers chargés des placements. Citigroup serait ainsi resté «collé» avec près d’un tiers du bloc de 10,3% du capital d’Edenred que la banque a vendu pour le compte d’Eurazeo début mars. A la date du 15 mars, aucun franchissement de seuil n’avait cependant encore été communiqué à l’AMF.
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