Les valeurs du luxe recèlent un risque de baisse considérable
Le luxe vient d’essuyer une première correction. En un mois, le cours de l’action LVMH, le numéro un mondial du secteur a perdu près de 7%. Celle de son concurrent PPR a lâché 8%. Dans le même temps, le CAC 40 a grappillé 0,7%. «Depuis le 22 septembre, les valeurs du luxe ont sous-performé le MSCI Europe de 14% alors qu’elles affichaient un comportement équivalent à celui de l’indice depuis le début du décrochage des marchés le 25 juillet», indiquaient le 6 octobre les analystes de Bank of America Merrill Lynch, avant que le rebond de la fin de semaine dernière ne vienne légèrement combler leur retard.
Les valeurs du luxe ont en fait commencé à lâcher prise au fur et à mesure que l’inquiétude montait sur l’état de santé de l’économie mondiale. Pour l’instant, tous les dirigeants des grands maroquiniers ou joailliers assurent ne pas avoir constaté de ralentissement dans le rythme de vente. Mais l’exemple de la crise de 2009 reste encore dans tous les esprits. Cette année-là, les ventes cumulées du secteur avaient reculé de 5% en données comparables et les résultats opérationnels avaient chuté de 9%. Le titre LVMH, par exemple, avait plongé de 50% au dernier trimestre 2008, en anticipation des effets de la récession économique de 2009.
Tous les regards sont aujourd’hui braqués sur l’Asie, et plus spécifiquement sur la Chine, le véritable moteur du secteur du luxe, encore plus depuis le ralentissement en Europe et aux Etats-Unis. La zone offre aux maroquiniers ou aux joailliers des taux de croissance de plus de 30%. Pour l’instant, l’économie de la région tient bon. Le consensus ne s’est donc ajusté que de façon marginale. La prime de valorisation du secteur par rapport au marché est bien passée de 100% à 70% depuis la mi-septembre, mais elle reste encore largement supérieure au haut de la fourchette d’évolution (50%) et à la moyenne (30%) à long terme. En 2009, elle avait totalement disparu.
Mis à part le cas très particulier d’Hermès, les valeurs de luxe capitalisent aujourd’hui environ 15 fois les bénéfices estimés pour 2012. Après la faillite de la banque Lehman Brothers, ce multiple était tombé jusqu'à 10. Enfin, selon BoA Merrill Lynch, le pourcentage de recommandations d’analystes financiers à la vente dans le secteur n’est que de 7%, un niveau historiquement bas. «Le risque de baisse reste donc encore significatif», préviennent les analystes de la banque américaine.
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